À Bordeaux, le paquebot “Ambition” bloqué à quai après une vague de troubles digestifs à bord
Plus de 1 700 personnes retenues sur un navire de croisière britannique en escale dans le port girondin, alors qu’une passagère de 92 ans est morte d’un arrêt cardiaque lors d’une précédente escale à Brest.
C’est dans un contexte sanitaire international tendu que les autorités françaises ont décidé, mercredi, de maintenir à bord du paquebot “Ambition” l’ensemble de ses 1 233 passagers et de ses 514 membres d’équipage, soit plus de 1 700 personnes au total. Le navire, propriété de la compagnie britannique Ambassador Cruise Line et enregistré aux îles Bahamas, est actuellement au mouillage dans le port de Bordeaux après que les autorités ont été alertées dans la nuit de l’apparition de cas de troubles digestifs à bord.
Selon la préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS), une cinquantaine de passagers présentent “des symptômes compatibles avec une infection digestive aiguë”. Ces malades ont été pris en charge par le médecin de bord et isolés dans leur cabine afin de limiter toute propagation. Parmi les personnes confinées se trouvent de nombreux Britanniques et Irlandais, tandis que l’équipage est composé en grande majorité de ressortissants indiens.
Le pic des symptômes, notamment des vomissements et des diarrhées, a été atteint lundi alors que le navire faisait escale à Brest. C’est au cours de ce même arrêt qu’une passagère britannique âgée de 92 ans est décédée d’un arrêt cardiaque. Les autorités ont néanmoins pris soin de préciser, mercredi, qu‘“à ce stade, aucun lien n’est établi avec l’épisode de gastro-entérite”.
Le “Ambition” avait quitté les îles Shetland, au nord de l’Écosse, le 6 mai dernier, avant de faire escale successivement à Belfast, Liverpool et Brest. La compagnie a indiqué sur son compte Facebook avoir été informée d‘“une augmentation des cas après l’embarquement à Liverpool”, au Royaume-Uni, le 9 mai. Le navire devait en principe poursuivre sa route vers le port de Ferrol, dans le nord de l’Espagne, avant un retour à Liverpool prévu pour le 22 mai.
Les mesures de confinement imposées à bord, combinées à une limitation stricte des interactions avec le port, visent à prévenir toute propagation, mais répondent aussi à un impératif de communication. Face à des rumeurs faisant état d’une possible présence du virus Hanta à bord, les autorités ont souhaité agir “pour éviter toute psychose”, justifiant ces précautions “au regard du contexte international”. Elles ont toutefois formellement écarté tout lien avec les cas d’hantavirus détectés sur le MV Hondius, un autre navire de croisière dont trois passagers sont récemment décédés alors qu’il reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert.
“C’est un climat qui nous conduit à la plus grande prudence, quand bien même ce type d’épidémie sur un bateau, en milieu clos, n’est pas rare”, ont déclaré les autorités sanitaires. Un rappel pertinent, alors que les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains ont signalé, la semaine précédente, un épisode similaire à bord du Caribbean Princess dans les Caraïbes : 145 passagers et 15 membres du personnel avaient souffert de diarrhées ou de vomissements.
Sur le plan des analyses, les premières investigations réalisées à bord ont permis d’écarter la présence de norovirus, un agent infectieux couramment responsable de gastro-entérites. Des examens complémentaires sont toutefois en cours au centre hospitalier de Bordeaux. L’hypothèse d’une origine alimentaire n’est pas exclue par les autorités, qui attendent les résultats pour orienter la suite de la prise en charge et déterminer les conditions d’une éventuelle levée du confinement.