Herbicides interdits à La Réunion : des centaines de cultivateurs de canne face à l'inconn

Herbicides interdits à La Réunion : des centaines de cultivateurs de canne face à l'inconn

Des agriculteurs réunionnais sans filet face à l'expiration imminente de leurs autorisations phytosanitaires.

Septembre approche, et pour des centaines d’exploitants qui cultivent la canne à sucre à La Réunion, cette date a pris la forme d’une menace concrète : l’expiration des autorisations d’utilisation des herbicides phytosanitaires. Sans renouvellement confirmé ni solution de remplacement annoncée, ces hommes et ces femmes qui travaillent la terre chaque jour ne savent pas comment ils aborderont la prochaine saison.

Ce sont eux que le syndicat des Jeunes Agriculteurs de La Réunion s’efforce de défendre depuis le 11 juin 2026, date à laquelle ses représentants ont saisi le préfet pour demander une prolongation de ces autorisations. La réponse se fait toujours attendre. Face à ce silence, le syndicat a publié un communiqué de presse pour alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation.

Additional reference context is available at https://imazpress.com/toute-l-actu/cannes-a-sucre-e-syndicat-des-jeunes-agriculteurs-de-la-reunion-demandent-une-prolongation-pour-l-utilisation-des-produits-phytosanitaires-dans-les-champs.

Ce qui préoccupe concrètement les agriculteurs, c’est l’absence de toute alternative réaliste. Selon le syndicat, “aucune solution de remplacement présentant une efficacité équivalente et adaptée aux réalités de notre territoire n’a été annoncée.” Le désherbage manuel, parfois évoqué comme piste, est rejeté par les exploitants : les solutions existantes “restent moins efficaces, plus coûteuses ou nécessitent davantage de passages dans les champs.” En pratique, cela représente une charge de travail et un coût financier que beaucoup d’exploitations ne pourraient pas absorber.

Le relief, le climat, la structure des parcelles. Ces réalités physiques de l’île sont au coeur de l’argumentaire des Jeunes Agriculteurs. Ils exigent que toute alternative soit “efficace dans les conditions tropicales de La Réunion”, “financièrement supportable pour les exploitations” et “adaptée au relief, aux parcelles et à la main-d’oeuvre disponible sur notre territoire.” Ces trois critères résument les contraintes bien réelles que vivent chaque jour les familles qui font vivre la filière canne à sucre.

Le syndicat ne demande pas l’abandon des objectifs environnementaux. Sa position est plus précise : il réclame que les décisions soient prises dans un ordre logique, disposer d’abord d’une solution opérationnelle validée, puis seulement supprimer les outils existants. En attendant, les représentants agricoles demandent aux autorités de se positionner “de manière urgente” et exigent “la prolongation temporaire des autorisations, le temps que des solutions fiables, validées scientifiquement” soient mises à leur disposition.

Le sujet est suivi de près par la presse locale, notamment par imazpress.com, qui couvre les enjeux agricoles et environnementaux de l’île.

Si le préfet ne répond pas avant l’échéance de septembre, ce sont les exploitants eux-mêmes qui se retrouveront en première ligne, contraints de gérer leurs parcelles sans les outils auxquels ils ont recours depuis des années. Pour ces agriculteurs, l’enjeu n’a rien d’abstrait : c’est la viabilité de leur exploitation, leur revenu et leur capacité à continuer de travailler une culture identitaire de La Réunion qui est en jeu. La question qui reste ouverte est simple : le préfet répondra-t-il avant que le temps vienne à manquer ?

Questions-réponses

Pourquoi septembre représente-t-il une échéance critique pour les cultivateurs de canne à sucre réunionnais ?

C'est la date d'expiration des autorisations d'utilisation des herbicides phytosanitaires. Sans renouvellement confirmé ni solution de remplacement annoncée, les exploitants ne savent pas comment ils aborderont la prochaine saison agricole.

Quelle démarche le syndicat des Jeunes Agriculteurs de La Réunion a-t-il entreprise, et avec quel résultat ?

Depuis le 11 juin 2026, le syndicat a saisi le préfet pour demander une prolongation des autorisations phytosanitaires. La réponse se fait toujours attendre, ce qui a conduit le syndicat à publier un communiqué de presse pour alerter les pouvoirs publics.

Pourquoi le désherbage manuel n'est-il pas considéré comme une alternative viable par les exploitants ?

Les solutions existantes sont jugées moins efficaces, plus coûteuses ou nécessitent davantage de passages dans les champs. Elles représentent une charge de travail et un coût financier que beaucoup d'exploitations ne pourraient pas absorber, notamment en raison du relief, du climat tropical et de la structure des parcelles réunionnaises.

Quelle est la position du syndicat sur les objectifs environnementaux ?

Le syndicat ne demande pas l'abandon des objectifs environnementaux. Il réclame que les décisions soient prises dans un ordre logique : disposer d'abord d'une solution opérationnelle validée scientifiquement, puis seulement supprimer les outils existants. Il demande une prolongation temporaire des autorisations dans l'attente de telles solutions.