Fianarantsoa : l'eau courante change la vie des ouvriers agricoles et des élèves
À Fianarantsoa, un château d'eau solaire transforme le quotidien des travailleurs agricoles et des élèves.
À Fianarantsoa, ouvrir un robinet suffisait autrefois à faire rêver
Chaque matin, avant même de prendre leur outil, les ouvriers agricoles de la ferme de la communauté des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, à Fianarantsoa, dans le centre de Madagascar, avaient une heure de marche devant eux. Plus d’un kilomètre aller, plus d’un kilomètre retour, les mains chargées de bidons de vingt litres. Et l’eau ramenée au prix de cet effort n’était même pas potable : il fallait encore la faire bouillir avant de pouvoir la consommer. Irriguer le jardin dont les fruits et légumes alimentent la cantine de l’école voisine était, selon les mots d’Hervé Huet, président de l’association Misaotra, “très compliqué”.
Aujourd’hui, ce quotidien a disparu. Un château d’eau équipé d’une pompe solaire est en service sur le site. “Ca change complètement la vie des personnes qui travaillent sur cette ferme. Désormais, ils n’ont plus qu’à ouvrir le robinet pour disposer d’eau potable et irriguer le jardin”, résume Hervé Huet. L’installation fonctionne à l’énergie solaire, sans dépendance à un réseau extérieur défaillant.
Ce projet est né il y a près de trois ans, lors d’une mission conduite par les membres de Misaotra à Madagascar. “Quand on est allés à Madagascar, on avait analysé les besoins dans chaque commune. À Fianarantsoa, où se trouve Sœur Noeline, bien connue à Saint-Pierre-et-Miquelon, on a constaté qu’il y avait un véritable problème d’alimentation en eau sur la ferme”, rappelle Hervé Huet. Ce constat de terrain a mis en mouvement une chaîne de solidarité qui s’est construite sur plusieurs années.
Le coût total de l’ouvrage s’est élevé à 24 500 euros, intégralement couverts par les habitants de l’archipel. Vide-grenier, tombola, dons : chaque geste a compté. “C’est le travail des bénévoles, les actions que nous avons menées, comme le vide-greniers ou la tombola, mais aussi les dons des habitants de l’archipel qui ont permis de financer entièrement cette réalisation. Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont participé”, a déclaré le président de Misaotra.
Les travaux n’ont pas été sans obstacles. La présence d’un important rocher dans le sous-sol a contraint les équipes à forer plus profondément que prévu pour atteindre la nappe phréatique, rallongeant les délais initialement envisagés. Le chantier est néanmoins allé jusqu’à son terme.
Ce résultat concret illustre ce que peut accomplir une solidarité ancrée dans le quotidien d’un archipel. La prochaine étape envisagée par Misaotra est un déplacement à Madagascar au début de l’année prochaine, afin de constater sur place les bénéfices de l’équipement et de poursuivre les actions de coopération. Pour les ouvriers de la ferme de Fianarantsoa, l’attente est déjà terminée : l’eau coule au robinet, et la cantine scolaire voisine est approvisionnée. Ce que les membres de Misaotra découvriront lors de leur prochaine visite dira si d’autres besoins restent à combler.
Questions-réponses
Quel était le quotidien des ouvriers agricoles de la ferme avant l'installation du château d'eau?
Chaque matin, ils marchaient plus d'un kilomètre aller-retour, les mains chargées de bidons de vingt litres, pour rapporter une eau qui n'était même pas potable et devait encore être bouillie avant consommation.
Comment le projet a-t-il été financé, et à quel coût?
Le projet a coûté 24 500 euros, intégralement couverts par les habitants de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon grâce à des vide-greniers, des tombolas et des dons, sans aucun financement extérieur.
Quels obstacles ont retardé les travaux?
La présence d'un important rocher dans le sous-sol a contraint les équipes à forer plus profondément que prévu pour atteindre la nappe phréatique, rallongeant les délais initialement envisagés.
Quels sont les bénéficiaires directs de cette installation?
Les ouvriers agricoles de la ferme de la communauté des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, qui accèdent désormais à l'eau potable au robinet, ainsi que les élèves dont la cantine scolaire est approvisionnée grâce au jardin irrigué de la ferme.