Familles brisées à Antananarivo : des enfants disparus depuis juin 2026, les parents sans

Familles brisées à Antananarivo : des enfants disparus depuis juin 2026, les parents sans

Des centaines de foyers malgaches vivent dans l'angoisse depuis la disparition de leurs enfants.

À Antananarivo, des familles attendent toujours des nouvelles de leurs enfants disparus

Depuis juin 2026, des parents frappent aux portes des commissariats et des brigades de gendarmerie d’Antananarivo. Leurs enfants, leurs adolescents, parfois de jeunes adultes, ont disparu sans laisser de trace. Chaque semaine, de nouveaux foyers viennent grossir les rangs de ceux qui attendent. Cette vague d’angoisse collective, propagée d’abord dans la capitale malgache avant de gagner d’autres villes de la Grande île, a plongé des centaines de familles dans une incertitude insupportable.

Environ 200 disparitions ont été signalées aux forces de l’ordre à ce jour. Parmi les présumées victimes, un nombre important a été retrouvé sain et sauf. Mais des corps sans vie ont également été découverts, et d’autres jeunes demeurent introuvables. Le chiffre exact de ceux qui n’ont pas encore été localisés reste difficile à établir. L’Express de Madagascar confirme que l’inquiétude demeure palpable dans les rues de la capitale, au point que des tentatives de vindicte populaire risquent de provoquer des mouvements de foule difficiles à maîtriser.

C’est dans ce climat de psychose collective que le président de la République de la Refondation de Madagascar, Michaël Randrianirina, a choisi de s’adresser directement à la diaspora, ce mercredi 29 juillet 2026, depuis l’Égypte. Accompagné d’une délégation de dirigeants malgaches présente depuis mardi, il a rencontré au palais présidentiel une cinquantaine de représentants de la communauté expatriée. Après avoir exposé ses objectifs et ses orientations, le colonel a laissé la parole à ses interlocuteurs. Tous ont exprimé leur émotion face à la situation qui touche leurs proches restés au pays, ceux-là mêmes qui vivent l’absence chaque matin.

Face à cette détresse, le chef de l’État a réaffirmé une thèse qu’il défend depuis quinze jours. Selon lui, la vague de disparitions sert de levier à une stratégie concertée visant à fragiliser son gouvernement. “Aujourd’hui, il est évident que certains utilisent les cas de disparition pour terroriser la population. Derrière les faux comptes qui diffusent ces informations se cache une véritable stratégie de déstabilisation”, a-t-il déclaré, cité par Midi Madagascar. La théorie d’une tentative de déstabilisation du gouvernement de la Refondation, selon L’Express de Madagascar, ne peut pas être écartée tant que les investigations ne sont pas closes.

Sur le terrain, l’information a d’abord circulé à travers les enquêteurs et les tribunaux avant de se répandre dans les rues. Le décalage entre ce que vivent les familles au quotidien et le traitement officiel des dossiers a alimenté la rumeur et la peur. Des disparitions signalées se sont révélées sans suite dramatique, des personnes rentrant d’elles-mêmes. D’autres, en revanche, ont eu une issue tragique, renforçant l’angoisse de ceux qui attendent encore.

Pour les familles dont les enfants n’ont pas encore été retrouvés, les déclarations du président depuis Le Caire n’effacent pas l’attente. Ce sont elles qui vivent, jour après jour, l’absence et l’incertitude. Les enquêtes se poursuivent, la justice instruit les dossiers, et la capitale reste suspendue à chaque nouvelle qui filtre des bureaux de police et de gendarmerie.

À Antananarivo, comme dans les autres villes touchées, c’est le quotidien de dizaines de foyers qui demeure bouleversé. La question qui hante ces familles reste entière: quand les investigations se clôtureront-elles, et que révéleront-elles?

Questions-réponses

Combien de disparitions ont été signalées aux forces de l'ordre à Antananarivo depuis juin 2026?

Environ 200 disparitions ont été signalées aux forces de l'ordre à ce jour.

Quelle est la position du président Michaël Randrianirina face à cette vague de disparitions?

Le président affirme que certains utilisent les cas de disparition pour terroriser la population et que de faux comptes diffusent ces informations dans le cadre d'une stratégie de déstabilisation de son gouvernement. Il a exprimé cette thèse depuis l'Égypte le 29 juillet 2026.

Quel est l'état des enquêtes et quel risque social la situation fait-elle peser sur la capitale?

Les enquêtes se poursuivent et la justice instruit les dossiers, mais le décalage entre le vécu des familles et le traitement officiel a alimenté la rumeur. Des tentatives de vindicte populaire risquent de provoquer des mouvements de foule difficiles à maîtriser.

La vague de disparitions se limite-t-elle à Antananarivo?

Non, la vague d'angoisse collective est partie de la capitale malgache avant de gagner d'autres villes de la Grande île, touchant ainsi des familles au-delà d'Antananarivo.