Chaque mois, des milliers de familles réunionnaises arbitrent entre le loyer, les courses et les factures. C’est à elles qu’Édouard Philippe, fondateur du parti Horizon et candidat à l’élection présidentielle, a consacré une journée entière sur l’île, avant d’accorder un entretien à Réunion La 1ère.
La journée a commencé par une rencontre avec des représentants du monde économique local. Ce sont ces acteurs de terrain qui ont posé les bases des échanges, en exposant au candidat à la fois les forces et les fragilités de l’île. “Ces représentants des acteurs du monde économique ont attiré mon attention à la fois sur le potentiel assez remarquable de l’économie réunionnaise, mais aussi sur les défis considérables et sur les difficultés qu’elle connaît en termes d’investissement, d’emploi, en termes de réglementation et de difficultés d’accès à un certain nombre de marchés”, a reconnu Édouard Philippe à l’issue de ces échanges.
Pour les habitants confrontés à des rayons trop chers et à un marché du travail sous tension, ces mots résonnent autrement qu’un discours de tribune. Le candidat a mis en avant une conviction qu’il formule sans détour : produire localement est l’une des réponses les plus directes aux difficultés du quotidien. “Un des enjeux considérables, que ce soit en matière agricole, industrielle ou en matière de service, pour La Réunion, c’est de produire localement, de produire pour le marché local, d’être à la hauteur de la demande locale de façon à contenir les prix et de façon à créer de la richesse localement”, a-t-il affirmé.
La question de l’octroi de mer a occupé une place centrale dans la conversation. Ce dispositif fiscal ancien, qui structure une grande partie des échanges commerciaux de l’île, a été reconnu par Édouard Philippe pour ses effets protecteurs sur certaines productions locales. Mais il en a aussi pointé les limites. “L’octroi de mer, c’est vraiment un vieil élément de fiscalité hérité d’une logique très ancienne”, a-t-il dit, ajoutant que “l’un de ces inconvénients, c’est le fait que c’est d’une assez faible transparence.” Pour une famille réunionnaise qui achète son pain, ses produits d’hygiène ou son électroménager, cette opacité fiscale se traduit concrètement en euros supplémentaires à la caisse.
Au-delà des enjeux propres à l’île, le candidat a précisé la nature de son projet politique. Il ne cherche pas à mobiliser les seuls militants d’Horizon. “Je ne suis pas le candidat de mon parti. J’ai fondé un parti Horizon, mais mon objectif, ça n’est pas de parler aux membres de mon parti. Mon objectif, c’est de parler à l’ensemble des Françaises et des Français”, a-t-il déclaré. Il a ajouté vouloir “rassembler le plus largement possible tous les électeurs qui se reconnaissent dans la droite et le centre, et au-delà probablement, parce qu’encore une fois, il ne faut pas être prisonnier d’un espace politique.”
Cette journée réunionnaise s’inscrit dans un déplacement plus large dans les territoires ultramarins. Édouard Philippe s’est également rendu à Mayotte, où les habitants portent des attentes tout aussi concrètes : reconstruction après les crises successives, accès à l’eau, soutien aux entreprises locales, maîtrise de l’immigration clandestine. Dans les deux territoires, le constat est le même. Les populations n’attendent pas des formules générales. Elles attendent des réponses précises, ancrées dans leur vécu quotidien.
La question qui demeure, au lendemain de cette visite, est de savoir si les engagements exprimés à La Réunion et à Mayotte trouveront, dans un programme présidentiel, les traductions concrètes que ces habitants espèrent.