Travaux piétons à Saint-Denis : les commerçants attendent que les promesses se transformen
Océanie

Travaux piétons à Saint-Denis : les commerçants attendent que les promesses se transformen

Commerçants, salariés et familles de Saint-Denis attendent que les chantiers urbains se traduisent en vraie clientèle.

Quand Yassine Mangrolia, 5ème adjoint chargé de l’animation économique à Saint-Denis, parle des travaux à venir dans le carré piéton, il promet “du confort aux gens qui fréquentent le centre-ville”. Mais pour les gérants de boutiques, leurs salariés et leurs familles qui vivent de ces commerces, la promesse doit encore se traduire en clients franchissant leur porte.

C’est au cœur de cette tension que la délégation nationale “Centre-Ville en Mouvement” s’est rendue pendant deux jours au chef-lieu de La Réunion. Invitée à observer comment la commune cherche à attirer les investisseurs et à transformer son économie, la délégation a vu une ville qui affiche ses ambitions. À cette occasion, la maire Ericka Bareigts a reçu le Coquelicot d’Or, distinction nationale récompensant le dynamisme commercial des communes.

Derrière chaque rideau de fer levé chaque matin dans le centre, il y a des salariés, des familles, des entrepreneurs qui ont misé sur la capitale réunionnaise. Ericka Bareigts en est convaincue : avec 1.000 commerces au total, dont 600 concentrés dans l’hypercentre et le cœur historique, Saint-Denis constitue “le plus grand centre commercial à ciel ouvert” de l’île. Elle cite le Barachois et le carré Cathédrale comme pôles de vitalité, et rappelle que près de 100.000 voitures traversent chaque jour le chef-lieu, autant de clients potentiels. “Au côté d’enseignes familiales, nous avons des entrepreneurs qui investissent et innovent”, affirme-t-elle.

Pourtant, les habitants et les commerçants eux-mêmes décrivent une réalité plus rude. Des voix locales pointent le manque de parkings, des tarifs de stationnement jugés prohibitifs, un sentiment d’insécurité, un manque de cohésion entre commerçants. Certains résidents estiment que ces obstacles poussent la clientèle vers d’autres zones commerciales, au détriment des petites boutiques et de leurs employés. Un commentaire relayé dans la couverture disponible à l’adresse https://imazpress.com/zoom/centre-ville-st-denis le résume sans détour : “Quand les clients désertent, les commerces ferment. Quand les commerces ferment, les emplois disparaissent.”

Ces inquiétudes prennent tout leur poids au regard du contexte économique régional. Les liquidations judiciaires et les redressements ont progressé de 14 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, avec une majorité de liquidations. La cause principale identifiée reste le manque de trésorerie, lui-même provoqué par une baisse d’activité. Pour les gérants et leurs employés, ce ne sont pas des statistiques abstraites. C’est une facture impayée, une fin de mois qui ne boucle pas.

C’est précisément pour répondre à ces fragilités que Pierre Creuzet, directeur-fondateur de Centre-Ville en Mouvement, réseau national dédié à la revitalisation des centralités urbaines, insiste sur la nécessité de “pérenniser l’activité des commerçants, surtout lorsque l’économie est en pleine révolution”. Gil Avérous, président de l’association Villes de France et maire de Châteauroux, abonde dans ce sens : “le commerce évolue vite.”

Face à ces défis, la mairie avance un chiffre qui la distingue de nombreuses villes de l’Hexagone. Le taux de vacance commerciale resterait inférieur à 5 % à Saint-Denis, malgré les mutations des habitudes de consommation. Ce résultat, si les chiffres se confirment, protège pour l’instant les emplois liés aux commerces du centre-ville. Mais les travailleurs et gérants concernés restent exposés aux difficultés de trésorerie qui frappent leur secteur à l’échelle régionale.

Plusieurs chantiers sont engagés pour renforcer l’attractivité du cœur de ville. La rénovation du carré piéton constitue l’un des projets phares. Yassine Mangrolia reconnaît que les travaux entraîneront des désagréments temporaires pour les commerçants et leurs clients. D’autres projets avancent en parallèle : Dionypark et la rénovation du Grand marché, destinés à ramener davantage de population dans le cœur historique.

Pour les familles qui dépendent économiquement de ces commerces, la question reste simple et entière : les décisions prises aujourd’hui se traduiront-elles demain par des files d’attente devant leurs caisses, ou par de nouveaux rideaux baissés ?

Questions-réponses

Quelles sont les principales difficultés signalées par les habitants et commerçants du centre-ville de Saint-Denis ?

Les voix locales pointent le manque de parkings, des tarifs de stationnement jugés prohibitifs, un sentiment d'insécurité et un manque de cohésion entre commerçants. Ces obstacles pousseraient la clientèle vers d'autres zones commerciales, au détriment des petites boutiques et de leurs employés.

Quel est l'impact économique concret sur les commerces de Saint-Denis en 2026 ?

Les liquidations judiciaires et redressements ont progressé de 14 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, avec une majorité de liquidations. La cause principale identifiée est le manque de trésorerie, lui-même provoqué par une baisse d'activité.

Quels projets la mairie de Saint-Denis a-t-elle engagés pour soutenir l'activité du centre-ville ?

Plusieurs chantiers sont en cours : la rénovation du carré piéton, le projet Dionypark et la rénovation du Grand marché. Ces projets visent à ramener davantage de population dans le cœur historique et à renforcer l'attractivité du centre-ville.

Quel indicateur la mairie avance-t-elle pour rassurer sur la santé commerciale du centre-ville ?

La mairie indique que le taux de vacance commerciale resterait inférieur à 5 % à Saint-Denis, malgré les mutations des habitudes de consommation. Ce chiffre la distinguerait de nombreuses villes de l'Hexagone et protégerait pour l'instant les emplois liés aux commerces du centre-ville.

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