Antananarivo-Moroni rouverte : les familles retrouvent une liaison directe avec Air Madaga

Antananarivo-Moroni rouverte : les familles retrouvent une liaison directe avec Air Madaga

Des familles séparées entre Madagascar et les Comores retrouvent enfin une connexion directe, deux fois par semaine.

Moroni d’abord : ce que le retour d’Air Madagascar change pour les passagers

Pour les familles qui naviguent entre Madagascar et les Comores, le changement est concret et immédiat. Depuis fin juillet, la liaison Antananarivo-Moroni, via Mahajanga, fonctionne à nouveau deux fois par semaine, à bord d’ATR 72-500. Suspendue depuis plusieurs années, cette route obligeait les voyageurs à transiter par des hubs d’Afrique de l’Est, allongeant les trajets et alourdissant les coûts. Sa réouverture est la première manifestation visible d’une ambition plus large : reconstruire, pas à pas, un réseau régional et international que des années de crise avaient profondément réduit.

C’est dans ce contexte que Madagascar Airlines s’apprête à reprendre, le 31 octobre 2026, le nom historique d’Air Madagascar. La transition intervient moins de six mois après la nomination de Rado Rabarilala à la direction générale. Le transporteur, né en 2021 de la fusion entre Air Madagascar et sa filiale domestique Tsaradia, cherche à tourner la page d’une marque associée à une restructuration douloureuse, sans dissimuler les fragilités qui ont accompagné cette période.

La réouverture d’agences commerciales illustre cet effort de rapprochement avec les usagers ordinaires. Après Mahajanga en juillet, l’agence d’Analakely, au 17 avenue de l’Indépendance à Antananarivo, a rouvert ses portes le 11 septembre, offrant à nouveau une présence physique de proximité. Pour Rado Rabarilala, l’enjeu dépasse le symbole. « Notre responsabilité n’est pas seulement de faire revivre une marque : elle est de reconstruire une compagnie fiable, bien gérée, utile à l’économie nationale et digne de la confiance du public », a-t-il déclaré, cité par la compagnie.

Des destinations annoncées, mais aucune date fixée

Au-delà du réseau régional consolidé, la direction affirme préparer « progressivement » des reprises de liaisons vers La Réunion, Marseille, Bangkok et la Chine. Ces annonces suscitent un intérêt certain, notamment parmi les membres des diasporas malgache et comorienne établies en France. Mais à ce stade, aucun calendrier, aucune fréquence, aucun tarif et aucun appareil n’ont été communiqués. Il s’agit de projets, et non de programmes confirmés.

La destination chinoise, vraisemblablement Guangzhou, pourrait intéresser les voyageurs d’affaires et les acheteurs circulant entre l’océan Indien et la Chine, y compris ceux en provenance de Mayotte. Une ligne régulière supposerait cependant un appareil long-courrier adapté, des droits de trafic négociés, un financement solide et une demande suffisamment robuste. Le projet marseillais appelle les mêmes réserves : Madagascar Airlines ne dispose pas aujourd’hui de gros-porteur en propre. Ses opérations intercontinentales passées ont reposé sur des affrètements avec équipage, et toute relance long-courrier dépendra d’abord d’un modèle économique crédible.

Entretemps, l’accord de partage de codes conclu en avril avec Ewa Air offre déjà aux passagers mahorais des connexions vers Antananarivo, Antsiranana, Mahajanga et Nosy Be. Ces correspondances pourraient, à terme, servir de passerelle vers de futures liaisons internationales, à condition que les horaires soient coordonnés et les billets commercialisés de bout en bout.

Une compagnie encore fragile

Le changement de nom ne résoudra pas à lui seul les difficultés de fond. Selon Madagascar Tribune, Madagascar Airlines demeure en redressement judiciaire. L’État malgache, actionnaire majoritaire à 51 %, a effacé une partie des créances sur l’ancienne Air Madagascar, représentant environ la moitié d’un endettement global évalué à 100 millions. Le même quotidien évoque l’arrivée annoncée d’un nouvel appareil, sans préciser le type ni le calendrier.

Ce renouveau s’inscrit également dans le sillage d’un épisode difficile. Thierry de Bailleul, directeur général de décembre 2022 à octobre 2025, avait quitté ses fonctions dans un contexte de tensions aiguës avec le personnel et le syndicat. Son successeur, Rado Rabarilala, était précisément l’une des figures de cette contestation interne. Au moment de son départ, l’ancien directeur général avait publiquement défendu son bilan tout en mettant en cause l’État malgache, qu’il accusait de ne pas avoir respecté certains engagements contractuels. Il revendiquait notamment la remise sur pied économique de la compagnie, décidant à cet effet d’abandonner des lignes internationales emblématiques vers la France.

La crédibilité de cette nouvelle séquence se mesurera à des critères concrets : la solidité d’une flotte aujourd’hui exclusivement composée d’ATR, la capacité à tenir des promesses de relance sans répéter les erreurs du passé, et surtout l’expérience quotidienne de passagers qui attendent, avant tout, une compagnie fiable et accessible. Pour les familles séparées entre Antananarivo et Moroni, la réponse a déjà commencé. Pour celles qui regardent vers Marseille ou Guangzhou, elle reste entière.

Questions-réponses

Quels voyageurs bénéficient directement de la réouverture de la liaison Antananarivo-Moroni ?

Les familles et passagers circulant entre Madagascar et les Comores, qui étaient auparavant contraints de transiter par des hubs d'Afrique de l'Est, allongeant les trajets et alourdissant les coûts.

Quelles destinations sont annoncées par la direction, et sont-elles confirmées ?

La direction évoque des reprises progressives vers La Réunion, Marseille, Bangkok et la Chine, mais aucun calendrier, fréquence, tarif ni appareil n'ont été communiqués à ce stade. Ce sont des projets, non des programmes confirmés.

Quel est l'état financier actuel de Madagascar Airlines ?

Selon Madagascar Tribune, la compagnie demeure en redressement judiciaire. L'État malgache, actionnaire majoritaire à 51 %, a effacé une partie des créances sur l'ancienne Air Madagascar, représentant environ la moitié d'un endettement global évalué à 100 millions.

Qui est Rado Rabarilala et quel rôle joue-t-il dans ce renouveau ?

Rado Rabarilala est le directeur général de Madagascar Airlines, nommé moins de six mois avant le retour prévu du nom Air Madagascar le 31 octobre 2026. Il était auparavant l'une des figures de la contestation interne contre son prédécesseur Thierry de Bailleul.