Festival Circa à Auch : 22 000 billets vendus malgré les pannes
Billetterie en panne et météo grisâtre, mais les salles restent pleines pour le public du Gers
Pannes, billetterie hors service, météo capricieuse : la semaine du festival Circa à Auch n’aura pas été de tout repos pour celles et ceux qui le font vivre. Pourtant, au moment de dresser le bilan de la 39e édition, organisée du 16 au 24 octobre 2026 dans le Gers, le constat est sans appel. Près de 22 000 places vendues et un taux de remplissage compris entre 97 et 98 % ont permis au rendez-vous international du cirque de confirmer son attractivité, malgré une journée de programmation en moins.
Pour Stéphanie Bulteau, directrice du pôle national de cirque, la semaine a débuté dans la tension. Quelques jours avant le lancement du festival, le vendredi 16 octobre, une panne de réseau a privé l’organisation de sa billetterie numérique du 9 au 13 octobre inclus, rendant impossible toute réservation en ligne. “Pour nous, ça a été l’enfer”, confie-t-elle. L’interruption tombait au pire moment : le dernier week-end précédant l’événement, période durant laquelle de nombreux spectateurs effectuent habituellement leurs réservations.
Et les difficultés ne se sont pas arrêtées là. Problèmes de réception des courriels, perturbations des communications, puis une nouvelle panne du réseau Orange pendant le festival : les équipes ont dû enchaîner les incidents. “C’est l’année des réseaux dysfonctionnels”, résume la direction, non sans humour, évoquant même un “retour au talkie-walkie”. Ces péripéties techniques, racontées depuis les coulisses, donnent la mesure de l’engagement des 180 bénévoles et 115 salariés mobilisés, dont une importante équipe technique, pour que les représentations finissent par avoir lieu. Une logistique considérable s’est ajoutée à cet effort, avec quelque 8 500 repas servis pendant la semaine.
Car derrière ces pannes, il y a surtout des salles et des chapiteaux remplis. “On va osciller entre 97 et 98 % de taux de remplissage”, se réjouit la direction, précisant que les derniers chiffres doivent encore être consolidés. Au total, près de 22 000 places ont été vendues pour les spectacles payants, alors même qu’une journée de programmation avait été supprimée pour des raisons budgétaires. Les difficultés techniques n’ont manifestement pas découragé le public.
Côté spectacles, les festivaliers ont pu découvrir 18 spectacles professionnels, 13 spectacles proposés par les écoles de cirque, une battle mêlant cirque et danse ainsi que sept concerts organisés sous le chapiteau-bar, sur 16 lieux de représentation. Le festival a par ailleurs accueilli plus de 360 professionnels du secteur et quelque 450 jeunes issus des écoles de cirque françaises et européennes.
Cette édition a été marquée par la présence simultanée de deux grandes compagnies : le Cirque Vost, venu présenter les premières de sa nouvelle création Traxxx, et le collectif XY, accueilli au Dôme. Deux équipes de plus de 30 personnes chacune, dont la présence représentait un véritable défi organisationnel. “C’était un peu une folie et, en même temps, c’est tellement joyeux de voir ces grands collectifs sur le plateau et les publics dans la salle”, souligne Stéphanie Bulteau. Autre temps fort, la “Diagonale des cirques”, une proposition artistique permettant aux spectateurs de découvrir différentes traditions circassiennes européennes, de la Suède à la Flandre, en passant par la Catalogne et les Pays-Bas.
Si les salles ont fait le plein, la météo a en revanche quelque peu perturbé l’ambiance habituelle dans les rues auscitaines. “Je pense que ça a un peu impacté la vie du festival dans la ville. Les gens étaient moins aux terrasses, moins dehors. Mais ça n’a pas du tout impacté la présence du public dans les salles et sous les chapiteaux”, observe la directrice, qui mesure ainsi la différence entre l’effervescence urbaine et la fidélité des spectateurs.
Derrière ce bilan encourageant, les inquiétudes concernant l’avenir du secteur culturel restent néanmoins présentes pour celles et ceux qui en vivent. “C’est quand même très inquiétant ce qui s’annonce pour 2027”, indique Stéphanie Bulteau, rappelant que ces préoccupations dépassent largement le seul secteur circassien. Malgré ce contexte, les équipes de Circa regardent désormais vers une échéance symbolique : la 40e édition du festival.
Questions-réponses
Quelles difficultés techniques le festival Circa a-t-il rencontrées en 2026 ?
Une panne de réseau a privée l'organisation de sa billetterie numérique du 9 au 13 octobre, suivie de problèmes de réception des courriels, de perturbations des communications et d'une nouvelle panne du réseau Orange pendant le festival.
Quel bilan de fréquentation la 39e édition a-t-elle établi ?
Près de 22 000 places vendues pour les spectacles payants et un taux de remplissage entre 97 et 98 %, malgré une journée de programmation supprimée pour des raisons budgétaires.
Quelle programmation les festivaliers ont-ils pu découvrir ?
18 spectacles professionnels, 13 spectacles d'écoles de cirque, une battle mêlant cirque et danse et sept concerts sous le chapiteau-bar, répartis sur 16 lieux de représentation.
Quelles inquiétudes pèsent sur l'avenir du festival ?
Stéphanie Bulteau juge très inquiétant ce qui s'annonce pour 2027, des préoccupations qui dépassent le seul secteur circassien, même si les équipes se tournent vers la 40e édition.