À Paris, le G7 face aux familles ukrainiennes, soudanaises et haïtiennes
À Paris, les 9 et 10 novembre 2026, s’ouvre une réunion ministérielle de deux jours. Derrière le protocole, ce sont des destins concrets qui se jouent : familles ukrainiennes qui comptent sur un soutien énergétique et financier pour traverser l’hiver, habitants du Soudan et de la corne de l’Afrique confrontés à l’insécurité alimentaire, communautés haïtiennes fragilisées par les crises successives. C’est sur ce terrain humain que la présidence française du G7 entend faire converger les positions de ses partenaires.
Cette deuxième réunion formelle des ministres des Affaires étrangères du G7, organisée sous présidence française, doit à la fois coordonner les réponses aux grandes crises internationales et dresser le bilan des avancées depuis la première réunion, tenue aux Vaux-de-Cernay en mars dernier.
Le dossier ukrainien figure parmi les plus sensibles. Les ministres échangeront sur le soutien capacitaire, financier et énergétique apporté au pays, un appui dont dépendent le quotidien de millions de civils et la capacité de l’Ukraine à affronter les mois à venir. La stabilisation du Moyen-Orient sera également au centre des discussions, de même que les enjeux de diversification et de sécurisation des approvisionnements énergétiques, qui pèsent directement sur le pouvoir d’achat des ménages et sur le fonctionnement des services essentiels.
La liste des crises inscrites à l’ordre du jour traduit l’ampleur des situations vécues sur le terrain : Soudan, corne de l’Afrique, Venezuela, Cuba, Haïti. Les ministres aborderont aussi l’importance d’une région indopacifique libre et ouverte, fondée sur l’état de droit. L’objectif affiché est de bâtir une convergence entre partenaires pour répondre à ces crises de façon coordonnée, plutôt que dispersée.
Autre volet aux conséquences concrètes : la sécurité maritime et portuaire. La réunion réunira pour la première fois le réseau des ports du G7+, annoncé lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Evian. Ce réseau vise à améliorer les bonnes pratiques de sécurisation des ports des pays du G7 et de leurs partenaires dans la lutte contre le narcotrafic. Pour les populations locales, déstabilisées par ces circuits, une meilleure protection des infrastructures portuaires peut faire une différence tangible.
L’aide humanitaire occupera une place particulière, avec la présence du directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, Luke J. Lindberg. Les ministres se concerteront sur l’efficacité et la rationalisation des chaînes d’approvisionnement humanitaire, ainsi que sur la sécurité alimentaire et la nutrition, des questions qui conditionnent la survie quotidienne de communautés entières dans les zones de crise.
Enfin, la sécurité de l’intelligence artificielle complète le programme. Dans la lignée des efforts de coordination entamés au Sommet d’Evian en juin puis au Conseil de sécurité des Nations unies en septembre, les ministres devront se saisir d’un sujet aux implications concrètes. L’IA est présentée comme une technologie porteuse d’opportunités mais aussi de nouveaux risques. Alors que l’accélération des capacités des modèles d’IA de frontière transforme l’environnement stratégique mondial, au point de risquer de fragiliser la résilience et la sécurité collectives, le G7 estime devoir apporter une réponse coordonnée. L’enjeu, selon la présidence française, est de préserver l’innovation tout en assurant un déploiement et un développement sûrs de l’IA.
Reste à savoir ce que ces deux jours de discussions produiront pour les personnes directement concernées. Pour les habitants des régions en crise, des ports exposés au narcotrafic ou des zones dépendantes de l’aide alimentaire, la mesure du succès se jouera moins dans les communiqués finaux que dans la coordination réelle dont dépendront, au quotidien, leur sécurité et leurs conditions de vie.
Questions-réponses
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