Cinq cercueils à Mossel Bay : des familles mozambicaines dévastées par la violence xénopho
Des migrants africains fuient l'Afrique du Sud après des attaques meurtrières contre les communautés étrangères.
Cinq cercueils. Cinq ressortissants mozambicains tués à Mossel Bay. Leurs familles, restées au pays, apprennent leur mort dans le contexte d’une vague de violences anti-immigrés qui secoue l’Afrique du Sud et force des milliers de personnes à tout abandonner pour rentrer chez elles.
Ils sont venus du Mozambique, du Malawi, du Ghana ou du Nigeria. Ils cherchaient un emploi, une vie meilleure, parfois simplement de quoi nourrir une famille restée derrière. Aujourd’hui, beaucoup repartent sous la contrainte, poussés dehors par des attaques répétées contre les communautés étrangères. Ces retours précipités ne sont pas des choix: ils sont la mesure exacte de la peur qui s’est installée dans ces quartiers.
Face à l’ampleur de la crise, plusieurs pays africains ont commencé à organiser le rapatriement de leurs citoyens. Le Mozambique, le Malawi, le Ghana et le Nigeria figurent parmi les nations dont les ressortissants ont été touchés ou contraints à fuir. Pour chacun de ces hommes et de ces femmes embarqués dans un vol de retour, c’est un projet de vie qui s’effondre.
Ce sont les groupes anti-immigrés qui ont mis le feu aux poudres, en intensifiant leurs appels à l’expulsion des personnes sans papiers. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a répondu en promettant une action ferme. Il a rappelé avec clarté que seules les autorités de l’État disposent du droit d’appliquer les lois sur l’immigration, rejetant toute justice populaire. Il a également cherché à tracer une ligne entre les tensions sociales réelles et le recours à la violence: le chômage, la pauvreté, l’insécurité et la pression sur les services publics pèsent lourdement sur de nombreux Sud-Africains, reconnaît-il, mais ces réalités ne peuvent justifier ni les expulsions sauvages ni la chasse aux étrangers.
La question qui reste ouverte est celle de la capacité de Ramaphosa à imposer un retour à l’ordre sans céder aux discours d’exclusion.
Par-delà les frontières sud-africaines, cette crise touche aussi d’autres pays. Pour l’île Maurice, l’Afrique du Sud est un partenaire régional de premier plan: une destination de voyage fréquentée, un marché économique important, un point de connexion pour de nombreux Mauriciens. Une xénophobie durable risquerait de fragiliser la stabilité régionale, de tendre les relations entre nations africaines et d’envoyer un signal inquiétant à tous ceux qui croient en une Afrique plus intégrée.
Ce qui se joue là-bas dépasse le cadre d’un seul pays. Derrière les déclarations officielles et les chiffres des rapatriements, des hommes et des femmes se retrouvent coupés de leur lieu de travail, des familles dispersées, des communautés entières forcées de se demander si elles ont encore leur place là où elles s’étaient établies. La réponse des gouvernements africains dans les prochaines semaines déterminera si cette crise peut encore être contenue, ou si elle laissera des séquelles durables dans le tissu humain de toute une région.
Questions-réponses
Combien de ressortissants mozambicains ont été tués à Mossel Bay ?
Cinq ressortissants mozambicains ont été tués à Mossel Bay, leurs familles restées au Mozambique apprenant leur mort dans le contexte des violences anti-immigrés.
Quels pays organisent le rapatriement de leurs citoyens depuis l'Afrique du Sud ?
Le Mozambique, le Malawi, le Ghana et le Nigeria figurent parmi les nations dont les ressortissants ont été touchés ou contraints à fuir, et qui organisent des rapatriements.
Quelle est la position du président Cyril Ramaphosa face aux violences xénophobes ?
Cyril Ramaphosa a promis une action ferme, rappelant que seules les autorités de l'État ont le droit d'appliquer les lois sur l'immigration, et rejetant toute justice populaire ainsi que les expulsions sauvages.
En quoi cette crise dépasse-t-elle les frontières sud-africaines ?
La crise disperse des familles, prive des travailleurs de leur emploi et force des communautés entières à se demander si elles ont encore leur place. Elle risque aussi de fragiliser la stabilité régionale et de tendre les relations entre nations africaines, comme en témoigne l'inquiétude exprimée pour l'île Maurice.