Julie a gravi ses peurs dans les gorges de La Réunion, 70 mètres au-dessus du vide
Océanie

Julie a gravi ses peurs dans les gorges de La Réunion, 70 mètres au-dessus du vide

Une jeune femme affronte ses limites lors d'une journée éprouvante dans un canyon réunionnais.

Julie a mis deux mois à se préparer pour une seule journée. Trente et un ans, de la détermination et une appréhension soigneusement contenue : au bout de huit heures d’effort dans les gorges de La Réunion, un mot résume tout ce qu’elle ressent. “C’est, je pense, pas mal de fierté, du dépassement de soi, beaucoup. Et on est contents”, dit-elle à l’issue d’une descente que les autres participants du groupe ne sont pas près d’oublier non plus.

Tout commence à 6h30 du matin, à peine sortis des voitures. Six Français se retrouvent face à la première épreuve du Takamaka, l’un des canyons les plus redoutés de l’île : un rappel de 70 mètres au-dessus du vide. La respiration se fait saccadée. Il faut avancer suspendu, relâcher la corde mètre après mètre. “C’est un canyon qui est technique et qui est très sportif et il attaque directement dans le vif du sujet : c’est 70 mètres en rappel”, prévient Alexandre Canty, instructeur à l’école canyoning 974, qui encadre le groupe avec un second moniteur.

Ce n’est pas un parcours pour tout le monde. Réservé aux sportifs confirmés, le Takamaka exige une préparation sérieuse, ce qui explique les deux mois d’entraînement que Julie s’est imposés. “C’est pas mal d’appréhension mêlée à de l’excitation, donc il y a quand même ce mix entre les deux. Takamaka, ça me tenait à cœur de le faire parce que, justement, c’est un des paysages qui sont assez réputés pour être les plus jolis”, confie-t-elle.

Au fil de la descente, les rappels s’enchaînent pour franchir un dénivelé total de près de 300 mètres. L’étape la plus attendue reste une cascade de 60 mètres, au bas de laquelle les participants tombent dans un bassin bouillonnant. Nicolas Vard, fondateur de l’école canyoning 974, les prépare à ce moment : “Vous allez voir, c’est un peu la cascade phare du canyon et sûrement l’un des plus beaux endroits qui existent à La Réunion. Dès que vous arrivez au-dessus de l’eau, vous pouvez sauter. N’essayez pas de vous battre contre le courant, vous ne pourrez pas nager aussi fort.”

Pour Émilien, originaire des Ardennes, l’expérience se résume à un mot : adrénaline. “C’est pour l’adrénaline, c’est pour pouvoir être en suspension, c’est pour pouvoir faire des sauts, pour pouvoir vraiment kiffer, quoi. C’est difficile de ne pas l’avoir l’adrénaline, à 60 mètres de haut”, témoigne-t-il, visiblement comblé.

La partie aquatique qui suit apporte ses propres défis. Les toboggans naturels exigent une posture précise, mains sur le corps et jambes serrées. Les sauts, eux, se pratiquent à plus de 8 mètres de hauteur. Plaisir et prudence vont de pair : La Réunion enregistre environ une vingtaine d’accidents de canyoning chaque année. “Une cheville qui va tourner, une entorse… Ça peut être des fractures dans les cas un peu graves. Après, c’est quand même très rare de se faire mal. Encore une fois, aujourd’hui, on arrive à la fin, on est tous encore en forme”, souligne Alexandre Canty.

Deux heures d’escalade dans les branches attendent encore le groupe avant de rejoindre le point de départ et boucler cette journée de huit heures. Ils en ressortent sains et saufs, épuisés, mais entiers.

Le Takamaka figure parmi les itinéraires les plus exigeants que l’île propose. La Réunion n’est pas réservée pour autant aux seuls sportifs chevronnés : d’autres canyons, moins techniques, permettent à des visiteurs de tous niveaux de vivre une dose d’adrénaline au cœur d’une nature spectaculaire. La question qui reste ouverte, c’est de savoir combien parmi eux reviendront un jour pour tenter, eux aussi, les 70 mètres du premier rappel.

Questions-réponses

Pourquoi Julie s'est-elle préparée pendant deux mois avant cette journée ?

Le Takamaka est un canyon technique et très sportif, réservé aux sportifs confirmés. Julie s'est imposé deux mois d'entraînement pour être prête à affronter ses appréhensions et relever ce défi qui lui tenait particulièrement à cœur pour ses paysages réputés.

Quels sont les principaux défis physiques du canyon du Takamaka ?

Le parcours commence par un rappel de 70 mètres au-dessus du vide, suivi d'une cascade de 60 mètres tombant dans un bassin bouillonnant, de toboggans naturels, de sauts à plus de 8 mètres de hauteur et de deux heures d'escalade, pour un dénivelé total de près de 300 mètres.

Quels risques les participants prennent-ils en pratiquant le canyoning à La Réunion ?

La Réunion enregistre environ une vingtaine d'accidents de canyoning chaque année. Les blessures peuvent aller de l'entorse à la fracture dans les cas les plus graves, bien que les accidents sérieux restent rares selon l'instructeur Alexandre Canty.

Le Takamaka est-il accessible à tous les visiteurs de La Réunion ?

Non, le Takamaka est réservé aux sportifs confirmés. Cependant, d'autres canyons moins techniques de l'île permettent à des visiteurs de tous niveaux de vivre une expérience d'adrénaline au cœur d'une nature spectaculaire.

Articles liés

  1. 1 Océanie 60 enfants sans toit à Tamatave : une vente solidaire pour reconstruire leur orphelinat
  2. 2 Océanie 90 % de ses revenus menacés : un producteur réunionnais redoute l'arrivée d'un champignon
  3. 3 Océanie Jeunes Malgaches d'Antananarivo réclament la fin d'un parlement qui les ignore
  4. 4 Océanie Les chauffeurs de taxi soufflent : carburant moins cher à La Réunion en juillet 2026
  5. 5 Océanie Passagers bloqués : un vol Air Austral vers Mayotte contraint de faire demi-tour sur le ta