Dix ans de travaux forcés pour le général qui a ordonné la répression des jeunes
Océanie

Dix ans de travaux forcés pour le général qui a ordonné la répression des jeunes

Un général condamné à dix ans de prison pour avoir ordonné la violence contre des manifestants malgaches.

Des jeunes dans les rues d’Antananarivo, en septembre 2025. Certains en sont revenus blessés. D’autres non. Ce mardi 1er septembre 2026, à dix heures du matin, la Cour criminelle du tribunal d’Antananarivo ouvrait le procès de l’homme accusé d’avoir ordonné la répression de leurs rassemblements. Six heures plus tard, le verdict tombait : dix ans de travaux forcés pour le Général Richard Ravalomanana, ancien Président du Sénat.

Général retraité de la Gendarmerie et ancien conseiller spécial de l’ex-président Andry Rajoelina, Ravalomanana occupait le fauteuil de Président du Sénat au moment des faits qui lui sont reprochés. Les charges retenues contre lui sont lourdes. La procureure de la République près du tribunal de première instance d’Antananarivo, Narindra Rakotoniaina, l’avait dit sans détour lors d’une déclaration à la presse : l’accusé répondait de « complicité d’homicide et de coups et blessures volontaires », pour avoir ordonné aux forces de l’ordre de réprimer violemment les manifestations de la Gen Z en septembre 2025.

Pour les familles des victimes de ces rassemblements, ce procès représentait une première forme de reconnaissance judiciaire des violences subies.

La chute de Ravalomanana avait commencé bien avant son entrée en salle d’audience. Destitué de son poste de Président du Sénat par ses homologues le 12 octobre 2025, il avait vu cette éviction validée par la Haute Cour Constitutionnelle, qui l’avait également écarté de sa qualité de sénateur. Convoqué à la Gendarmerie le 24 décembre 2025, il avait refusé de se présenter. Les forces de l’ordre l’avaient finalement interpellé à son domicile d’Ambatovinaky le 27 décembre. Après une période de résidence surveillée, il avait comparu devant le Parquet le 17 janvier 2026, date à laquelle il avait été placé en détention provisoire à la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika, en périphérie d’Antananarivo. Il y avait passé les sept mois précédant son procès.

Ce n’est pas un nom ordinaire que celui de Richard Ravalomanana dans l’appareil sécuritaire malgache. Ancien secrétaire général en charge de la Gendarmerie, figure centrale du régime Rajoelina, il est aujourd’hui condamné par une juridiction qui siège dans la même ville où il exerçait naguère son autorité.

Le verdict de ce mardi ne clôt pourtant pas son parcours judiciaire. Un second dossier le concernant, lié cette fois à des faits de corruption présumés, est encore en cours d’examen au Pôle anti-corruption d’Antananarivo. Les suites ne sont donc pas terminées pour l’ancien haut responsable.

Son cas s’inscrit dans une recomposition plus large du pouvoir à Madagascar. Ravalomanana figure parmi les proches de l’ancien régime Rajoelina ayant fait l’objet de poursuites depuis l’arrivée du nouveau régime de la Refondation, dirigé par le Colonel Michaël Randrianirina. Pour les citoyens malgaches qui avaient manifesté à l’automne 2025, souvent au péril de leur intégrité physique, la condamnation prononcée ce mardi représente une étape. Mais une quête de responsabilité pleinement assumée, pour les familles concernées, reste encore ouverte.

Questions-réponses

Qui sont les principales victimes au coeur de cette affaire judiciaire ?

Les jeunes manifestants de la Gen Z qui ont défilé dans les rues d'Antananarivo en septembre 2025, dont certains sont revenus blessés et d'autres non, ainsi que leurs familles qui attendaient une reconnaissance judiciaire des violences subies.

Quelle peine a été prononcée contre le Général Richard Ravalomanana, et pour quels motifs ?

La Cour criminelle du tribunal d'Antananarivo l'a condamné à dix ans de travaux forcés pour complicité d'homicide et de coups et blessures volontaires, pour avoir ordonné aux forces de l'ordre de réprimer violemment les manifestations de la Gen Z en septembre 2025.

Comment s'est déroulée l'arrestation de Ravalomanana avant son procès ?

Convoqué à la Gendarmerie le 24 décembre 2025, il avait refusé de se présenter. Les forces de l'ordre l'ont interpellé à son domicile d'Ambatovinaky le 27 décembre. Après une période de résidence surveillée, il a été placé en détention provisoire à la prison de haute sécurité d'Imerintsiatosika le 17 janvier 2026, où il a passé sept mois avant son procès.

Le verdict du 1er septembre 2026 met-il fin aux poursuites judiciaires contre Ravalomanana ?

Non. Un second dossier lié à des faits de corruption présumés est encore en cours d'examen au Pôle anti-corruption d'Antananarivo. Pour les familles des victimes, la quête d'une responsabilité pleinement assumée reste encore ouverte.

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