Eau et lumière réclamées, sang versé : un ex-général malgache condamné après la répression
Océanie

Eau et lumière réclamées, sang versé : un ex-général malgache condamné après la répression

Des familles malgaches attendent justice après une répression meurtrière ayant fait au moins vingt-deux morts.

Au moins vingt-deux morts. Des centaines de blessés. Ces chiffres, recensés par les Nations Unies après la journée du 25 septembre 2025, représentent des hommes et des femmes ordinaires qui réclamaient simplement de l’eau et de la lumière. C’est sur cette toile de fond que Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat et ancien général de gendarmerie surnommé “Bomba”, a été condamné ce mardi à dix ans de travaux forcés.

Le collectif “Gen Z” avait allumé la mèche le 25 septembre 2025, dans un pays épuisé par des pannes à répétition privant les foyers des services les plus élémentaires. La réponse des forces de sécurité avait été foudroyante. Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, s’était dit “choqué” par cette “réponse violente”, précisant que “certains officiers ont également utilisé des balles réelles”. Pour les familles de ceux qui ont perdu la vie ou été blessés dans les rues de la capitale, la question de la justice n’avait, jusqu’à ce mardi, pas encore reçu de réponse à la hauteur de leur douleur.

Richard Ravalomanana, proche soutien de l’ex-président Andry Rajoelina, aurait continué à gérer la gendarmerie durant ces semaines de répression, alors même qu’il était officiellement en retraite. Cette période correspond à celle où il occupait encore la présidence du Sénat, poste qu’il avait tenu de 2023 à 2025 avant d’en être démis en décembre de cette même année. Lorsque Rajoelina a fui Madagascar à la suite de la chute de son pouvoir, Ravalomanana, lui, est resté sur la “Grande Île”. Il était en détention préventive depuis le 18 janvier, au terme d’une séquence politique et judiciaire qui a profondément reconfiguré le pays.

Son procès s’est conclu en une seule journée d’audience.

C’est à l’extérieur du palais de justice d’Anosy, dans la capitale malgache, que son avocat Lazatiana Razafimamonjy a pris la parole devant les caméras pour détailler la nature des charges retenues. “Les faits reconnus contre mon client sont complicité de meurtre et complicité de coups et blessures volontaires”, a-t-il déclaré. Il a immédiatement annoncé sa décision de contester le verdict: “La loi prévoit des voies de recours, que nous allons utiliser.”

Pour les proches de ceux qui ont perdu la vie ou été blessés lors des manifestations de septembre et octobre 2025, ces recours juridiques signifient que l’attente n’est pas terminée. La condamnation de Ravalomanana constitue une étape, mais une étape dont l’issue finale reste incertaine.

Des familles ordinaires, des jeunes et des habitants des quartiers de la capitale avaient payé de leur sang une mobilisation née d’une exaspération quotidienne face aux pénuries d’eau et d’électricité. Ce mouvement avait rapidement débordé le cadre des revendications de services publics pour enclencher ce que les observateurs ont décrit comme le “compte à rebours de fin de l’ère Rajoelina”. Madagascar tout entier en a été transformé.

La condamnation de Ravalomanana, rapportée par des médias malgaches et reprise par l’AFP, est l’un des premiers jugements à sanctionner directement un responsable de haut rang pour le rôle joué dans cette répression. La procédure en appel annoncée par la défense déterminera si ce verdict constitue le dernier mot de la justice malgache sur cette page douloureuse, ou si les familles des victimes devront, une fois encore, continuer d’attendre.

Questions-réponses

Qui étaient les personnes tuées et blessées lors des événements du 25 septembre 2025 à Madagascar ?

Il s'agissait d'hommes et de femmes ordinaires, de jeunes et d'habitants des quartiers de la capitale malgache, mobilisés contre les pénuries d'eau et d'électricité. Les Nations Unies ont recensé au moins vingt-deux morts et des centaines de blessés.

Pour quels faits Richard Ravalomanana a-t-il été condamné, et quelle peine a-t-il reçue ?

Son avocat Lazatiana Razafimamonjy a précisé que les faits retenus contre lui sont la complicité de meurtre et la complicité de coups et blessures volontaires. Il a été condamné à dix ans de travaux forcés.

Qu'est-ce que le collectif 'Gen Z' et quel rôle a-t-il joué dans ces événements ?

Le collectif 'Gen Z' a déclenché le mouvement de protestation le 25 septembre 2025 dans un pays épuisé par des pannes à répétition privant les foyers d'eau et d'électricité. Sa mobilisation a rapidement débordé le cadre des revendications de services publics.

Que signifie l'annonce d'un appel pour les familles des victimes ?

L'appel annoncé par la défense signifie que l'attente n'est pas terminée pour les proches de ceux qui ont perdu la vie ou été blessés. L'issue finale du verdict reste incertaine, et les familles pourraient devoir continuer d'attendre une réponse définitive de la justice malgache.