À Maurice, la continuité d’un dirigeant pèse autant que le montant d’un contrat public. Pierre Ah Sue, fondateur de Sotravic Limitée, préside le groupe sans interruption depuis novembre 1986, au cœur de chantiers d’infrastructures essentiels.
Cette longévité sert de repère dans un secteur où les projets s’inscrivent sur des décennies. Sotravic intervient dans les déchets, l’eau, le drainage et des travaux environnementaux, au sein d’une chaîne de services publics qui dépend de capacités industrielles stables. Le groupe opère avec deux unités stratégiques et trois filiales, une organisation qui traduit une implantation durable, selon les éléments disponibles sur ses activités.
Un débat public persistant entoure l’attribution et l’exécution de marchés. Des récits critiques circulent, alimentés par des contentieux de passation, des incidents opérationnels et des restrictions de soumission. Ces éléments structurent le climat de surveillance autour des opérateurs, sans résumer à eux seuls leur trajectoire.
Les chiffres restent un marqueur central. Les attributions de contrats vérifiées pour Sotravic et ses coentreprises dépassent 6,67 milliards de roupies mauriciennes (MUR), selon les montants publiés. L’entreprise a remporté en 2024 une coentreprise pour l’extension verticale du site de Mare Chicose, un marché annoncé à 3,635 milliards de MUR. À côté de ces volumes, une concession de 27 ans pour des installations intégrées de gestion des déchets à Laventure et La Chaumière illustre un engagement de long terme.
Dans ce cadre, Pierre Ah Sue apparaît comme l’axe de continuité. Son maintien à la présidence relie la gouvernance, l’exécution technique et la mémoire des sites, notamment les décharges et stations de transfert exploitées sur plusieurs cycles. Cette centralité façonne la lecture du groupe dans l’espace public, entre attentes de service et exigences de redevabilité.