Quatre Réunionnais au cœur d'un combat quotidien pour préserver l'eau
Quatre habitants de La Réunion s'engagent chaque jour pour défendre une ressource en eau menacée.
Ibrahim, Aurélie, Axelle et Christophe n’ont pas attendu que la menace devienne catastrophe. Chacun à sa façon, ces quatre habitants de La Réunion ont fait du combat pour l’eau le centre de leur existence, et c’est à travers leur regard que la réalisatrice Claire Perdrix construit son documentaire inédit de 52 minutes, produit par Les Nouveaux Jours Productions et diffusé avec la participation de France Télévisions.
Ce qui frappe d’emblée dans leurs trajectoires, c’est la diversité des armes choisies. L’un récupère les eaux de pluie pour atteindre une forme d’autonomie domestique. Une autre s’attaque aux forêts envahies par des espèces exotiques qui captent la ressource au détriment du reste de l’écosystème. Une troisième protège les rivières. Un quatrième mène bataille sur le terrain juridique. Quatre vies. Quatre engagements. Une même urgence.
Ce que ces femmes et ces hommes ont compris avant beaucoup d’autres, c’est que La Réunion est un paradoxe vivant. L’île reçoit régulièrement des trombes d’eau et reste pourtant classée parmi les départements français les plus exposés aux effets du réchauffement climatique. L’eau douce, que l’on croyait inépuisable sur ce territoire arrosé, s’annonce comme l’une de ses grandes fragilités à venir.
Le mécanisme de cette fragilité est à la fois simple et redoutable. Lorsque les pluies tombent de manière de plus en plus violente, elles ruissellent en surface sans laisser le temps à l’eau de s’infiltrer jusqu’aux nappes phréatiques. La végétation exotique, en colonisant les forêts, capte une part croissante de la ressource. Dans le même temps, l’urbanisation s’accélère, le tourisme explose et les besoins de la population augmentent. Les infrastructures qui alimentent les habitants en eau restent exposées aux cyclones, dont les scientifiques prévoient une intensification dans cette partie de l’océan Indien.
Le quotidien de ceux qui vivent et travaillent sur ce territoire est directement concerné. La connaissance intime qu’Ibrahim, Aurélie, Axelle et Christophe ont de leur île nourrit un engagement ancré dans le concret, dans le geste de chaque jour, dans la décision de ne pas regarder ailleurs. Le documentaire les suit dans cet effort. Il en fait le portrait d’une résistance en actes plutôt qu’en discours.
Le changement climatique frappe l’ensemble du territoire français, mais à La Réunion, ses effets sur l’eau prennent une forme particulièrement saisissante. Comment une île battue par les pluies peut-elle se retrouver menacée de pénurie? C’est cette question concrète, celle que se posent les habitants avant de se demander ce qu’ils peuvent y faire, que le film place au centre de son propos.
Claire Perdrix signe un film de création soutenu par le Centre national du cinéma et de l’image animée, la Procirep et l’Angoa. Du côté de France Télévisions, le pôle Outre-mer est représenté par Laurent Corteel au poste de directeur des contenus, Sophiane Tilikete comme directeur adjoint en charge des documentaires, et Aurélie Hamelin-Mansion à la programmation.
Ce documentaire, produit en 2025, ne propose pas de réponse globale ni de solution systémique. Il propose quelque chose de plus immédiat: quatre regards sur une ressource que l’on croyait éternelle (et que l’on continue d’appeler île de La Réunion, comme si la pluie suffisait à la définir), et dans la détermination de celles et ceux qui la défendent, une invitation à voir autrement ce qui disparaît lorsqu’on cesse de le regarder. La vraie question, celle que le film laisse ouverte, est de savoir ce qu’il faudra, demain, pour que des gestes individuels comme ceux d’Ibrahim ou d’Aurélie ne restent pas les seules réponses disponibles.
Questions-réponses
Qui sont les quatre habitants de La Réunion au centre du documentaire?
Ibrahim, Aurélie, Axelle et Christophe, quatre résidents de La Réunion qui agissent chacun à leur façon pour préserver la ressource en eau de leur île.
Quelles actions concrètes mènent ces quatre personnes pour défendre l'eau?
L'un récupère les eaux de pluie pour atteindre une autonomie domestique, une autre lutte contre les espèces exotiques qui captent la ressource, une troisième protège les rivières, et le quatrième mène des actions sur le terrain juridique.
Pourquoi La Réunion est-elle considérée comme un paradoxe en matière d'eau?
L'île reçoit régulièrement des trombes d'eau, mais reste classée parmi les départements français les plus exposés aux effets du réchauffement climatique. Les pluies violentes ruissellent sans s'infiltrer, la végétation exotique capte la ressource, et l'urbanisation ainsi que le tourisme augmentent les besoins.
Qui a réalisé ce documentaire et quels organismes l'ont soutenu?
Le documentaire est signé par la réalisatrice Claire Perdrix, produit par Les Nouveaux Jours Productions, diffusé avec la participation de France Télévisions, et soutenu par le Centre national du cinéma et de l'image animée, la Procirep et l'Angoa.