Téléphone au volant: les points de pénalité s’alourdissent à Maurice dès ce mercredi
Pour des milliers de conducteurs mauriciens qui glissent machinalement leur téléphone dans la main aux feux rouges, ou répondent à un message dans les embouteillages, une nouvelle réalité prend effet ce mercredi 10 juin 2026. Ce geste familier coûtera désormais plus cher, non pas seulement en argent, mais directement en points sur le permis de conduire.
C’est ce que prévoient les Road Traffic (Amendment of Schedule) (No. 2) Regulations 2026, dont l’annonce officielle a été publiée le 9 juin. Le texte durcit les sanctions liées à l’usage d’un téléphone portable ou d’un microphone au volant, avec une augmentation du nombre de points de pénalité infligés aux conducteurs pris en faute.
Pour les familles qui dépendent d’un seul permis afin de travailler, conduire les enfants à l’école ou assurer les courses quotidiennes, la portée de cette mesure est très concrète. Accumuler trop de points, c’est risquer de perdre son droit de conduire, et avec lui une bonne partie de l’organisation de la vie de tous les jours. Le moindre trajet domicile-travail, la moindre course urgente peut basculer si le permis est compromis.
La décision intervient dans un contexte où l’utilisation du téléphone au volant reste l’un des comportements les plus répandus sur les routes mauriciennes, malgré les risques reconnus. Répondre à un message, consulter une notification ou simplement tenir un appareil quelques secondes peut suffire à provoquer un accident grave, avec les conséquences humaines que cela implique pour les victimes comme pour les familles des responsables.
Du côté des conducteurs, la réaction ne sera probablement pas uniforme. Certains accueilleront la mesure comme un signal fort, attendu depuis longtemps, pour protéger des vies sur des routes qui restent dangereuses. D’autres, déjà soumis aux embouteillages quotidiens, aux contrôles répétés et au coût croissant de la mobilité, verront dans ce durcissement une contrainte supplémentaire difficile à absorber.
Le message adressé aux usagers de la route est pourtant sans ambiguïté: la distraction au volant ne sera plus traitée comme une infraction mineure. Les autorités font le pari que l’alourdissement des sanctions touchera là où les campagnes de sensibilisation n’ont pas suffi à convaincre, c’est-à-dire directement dans la vie pratique de chaque conducteur, dans sa liberté de circuler et dans sa capacité à tenir ses engagements quotidiens.
Sur les routes de l’île, ce mercredi marque un tournant dans le rapport que chaque conducteur entretient avec son téléphone derrière le volant. Le choix est désormais posé en termes simples: l’appareil dans la poche, ou les points sur la balance. Ce qui reste ouvert, c’est la question de savoir si la menace de perdre son permis suffira là où des années de prévention n’ont pas changé les habitudes.