Vers Maurice sans file d’attente : ce que le futur e-Visa/ETA changera pour les voyageurs
Pour le touriste qui débarque à Maurice après un long vol et se retrouve coincé dans une file interminable au terminal d’arrivée, une nouvelle s’annonce dans les documents budgétaires mauriciens pour 2026-2027 : une autorisation numérique préalable au voyage sera bientôt exigée de tous les non-citoyens souhaitant se rendre sur l’île. Derrière cette formule administrative se cache une réalité concrète pour des milliers de familles en visite, de voyageurs professionnels et de touristes venus du monde entier.
L’objectif affiché par le gouvernement mauricien est direct. Dans son discours budgétaire, il formule la chose ainsi : “Nous allons mettre en place un système numérique permettant à tous les ressortissants étrangers de demander un visa électronique avant leur départ pour l’île Maurice, ce qui permettra de réduire les files d’attente au terminal d’arrivée et de renforcer la sécurité nationale.” Autrement dit, une partie des vérifications aurait lieu avant même l’embarquement, soulageant les terminaux à l’arrivée et, en théorie, le temps d’attente que subit chaque passager.
L’annexe officielle du budget introduit une nuance de formulation qui mérite attention. Là où le discours parle d’e-Visa, le texte technique évoque une “autorisation de voyage électronique”, soit une ETA, et prévoit une modification de l’Immigration Act pour encadrer ce dispositif. Un frais sera perçu, dont le montant sera “fixé par la réglementation”. Cette double formulation confirme qu’une formalité numérique préalable au départ est bien en préparation. Ses contours précis, eux, restent à préciser.
Ce point est justement celui qui préoccupe le plus les voyageurs et les professionnels du tourisme. Combien coûtera cette autorisation ? Quelle sera sa durée de validité, son nombre d’entrées autorisées, ses délais de traitement ? Aucun montant n’apparaît dans les documents consultés à ce jour. Pour les familles et les touristes qui planifient leur séjour des mois à l’avance, l’incertitude reste entière.
Pour les ressortissants français, européens, britanniques, américains et pour toutes les nationalités actuellement dispensées de visa, la question est particulièrement sensible. Il ne s’agirait pas de supprimer une exemption de visa, mais d’y ajouter une autorisation électronique à obtenir avant l’embarquement. En droit mauricien, la catégorie “non-citoyens” est large : elle peut inclure les touristes, les visiteurs d’affaires, les étudiants, les travailleurs étrangers et les résidents non mauriciens. Les modalités finales devront préciser quelles catégories seront effectivement concernées et quelles exemptions seront maintenues.
Pour une destination aussi dépendante du tourisme international que Maurice, l’équilibre sera décisif. Un système trop complexe ou mal expliqué risque de transformer une île réputée accessible en parcours administratif décourageant.
Le budget 2026-2027 ne se limite pas à cette seule mesure. D’autres annonces concernent des publics bien différents. Le gouvernement prévoit des évolutions autour du Golden Visa, destiné aux investisseurs prêts à placer au moins un million de dollars à Maurice dans les douze premiers mois de séjour, dans des secteurs tels que la fintech, l’intelligence artificielle, les biotechnologies ou les énergies renouvelables. Une fois cet investissement réalisé, le titulaire deviendrait éligible à une demande de permis de résidence permanente. Des ajustements sont également prévus sur les Occupation Permits et sur plusieurs dispositifs liés à l’immigration économique.
Les étudiants étrangers figurent aussi dans cette vision d’ensemble. Les autorités souhaitent renforcer l’attractivité de l’île par la création d’un portail centralisé intitulé “Study in Mauritius”, par l’élargissement des possibilités de travail pendant les vacances scolaires et par la mise en place de visas post-études destinés à encourager certains diplômés à rester dans le pays après leur formation.
Ces annonces ne ciblent pas toutes le même public que le futur e-Visa/ETA. Ensemble, elles dessinent la volonté des autorités mauriciennes de moderniser plusieurs dimensions de leur politique d’immigration, qu’il s’agisse des touristes de court séjour, des investisseurs, des travailleurs qualifiés ou des étudiants.
Pour les voyageurs habitués à franchir les portes de Maurice sans formalité lourde, tout dépendra en définitive de la simplicité du futur système et de la clarté des informations publiées au moment du lancement officiel, dont la date reste, à ce stade, encore à annoncer.