Dès l’aube, ce premier samedi d’août, des hommes et des femmes convergeaient vers le parking du Zest, à côté du circuit du Castellet, bien avant que les neuf heures ne sonnent. Pour eux, arriver tôt n’est pas une contrainte : c’est un rituel. Chaque mois, ce rendez-vous du RMCC, le Retro Mobile Club du Castellet, transforme un simple parking en lieu de mémoire vivante, où chaque propriétaire vient avec une machine qui raconte, à sa façon, une part de sa propre histoire.
L’affluence n’a pas faibli au fil de la matinée. Le parking s’est rempli progressivement, et ce qui n’était qu’une rangée de voitures à l’aube est devenu un panorama de l’histoire automobile mondiale, porté par des passionnés pour qui ces véhicules représentent bien plus qu’un loisir.
Les amateurs de marques allemandes avaient répondu présents en nombre. Les Porsche 911 de toutes générations s’alignaient en quantité impressionnante, jusqu’à une pièce rarissime : une Ruf BTR cabriolet, équipée du moteur 3,4 litres de 450 chevaux de la célèbre Yellow Bird. Quelques Porsche 356, Boxster et Cayman complétaient l’ensemble. Du côté de Stuttgart, un duo de cabriolets Mercedes retenait les regards, une 190 SL et une 380 SL côte à côte, accompagnées d’une 560 SEC. Les propriétaires de BMW avaient misé sur les Série 3 E30, les Z3 et plusieurs modèles Motorsport, dont des M3 et M6. Volkswagen était bien représentée : Golf, Coccinelle, deux Karmann Ghia et une Type 181 figuraient parmi les expositions. Une Ford Capri et une Opel GT venaient compléter ce plateau venu d’outre-Rhin.
La belle journée d’août avait clairement encouragé les propriétaires de roadsters britanniques à sortir leurs machines. MG, Triumph, Austin Healey, Caterham, Lotus et Morgan étaient si nombreuses qu’il devenait impossible de les compter. Une Panther Kallista, modèle particulièrement rare, se distinguait dans cet ensemble. Les Mini et les Jaguar avaient aussi fait le déplacement, ces dernières en belle variété : Type E, MKII, XK8 et F-Type.
Les voitures italiennes, moins nombreuses que leurs voisines européennes, n’en affichaient pas moins une présence remarquable. Une Innocenti De Tomaso, des Autobianchi A112 et Bianchina, une Fiat 124 cabriolet, une Fiat 850 coupé, une Ferrari 458 et un beau plateau d’Alfa Romeo témoignaient de la fierté de leurs propriétaires.
Le tour d’Europe s’achevait avec les marques françaises, et elles n’avaient rien à envier aux autres. Une Citroën DS cabriolet quatre portes à motorisation diesel attirait l’attention par son caractère peu conventionnel. De nombreuses DS classiques, des 2CV, des Méhari, une SM et un C15 en état remarquable complétaient le contingent de la marque aux chevrons. Chez Peugeot, les 205 et 309 GTi côtoyaient des 304 cabriolet, 504 coupé et 604. Renault s’illustrait avec des R8 et R12 Gordini, des R5 et Supercinq dans toutes leurs versions sportives, une Clio V6, une Clio 16s et de nombreuses Alpine A110 anciennes et modernes. Une 4CV rutilante et une Rodéo aux couleurs de l’OM rappelaient l’attachement de certains propriétaires à des modèles plus populaires. Les marques disparues n’étaient pas oubliées non plus : une Matra Bagheera, une Facel Vega et deux Panhard PL17 évoquaient des pages marquantes de l’industrie française. Le petit constructeur Secma, toujours en activité, était représenté par une F16 Turbo et un Fun Buggy.
Par contraste, les voitures japonaises, encore minoritaires dans ce type de rassemblement, se frayent progressivement une place aux côtés des autres nationalités. Une Nissan Silvia, plusieurs Subaru Impreza, des Honda Civic et CRX, une Honda S2000, plusieurs Mazda MX5 et une Toyota Celica composaient un plateau en progression constante.
Les amateurs de voitures américaines avaient, eux, de quoi être pleinement satisfaits. Les Corvette de toutes générations étaient à l’honneur, aux côtés d’une Corvair décapotable qui suscitait bien des regards. Des modèles plus rares, une Pontiac Catalina, une Plymouth Barracuda, une Ford Galaxie et une Dodge Viper, côtoyaient de nombreuses Ford Mustang. La Dodge Charger de “Shérif, fais-moi peur” concluait ce chapitre américain avec l’éclat d’une star du petit écran.
La réunion mensuelle du Castellet a tenu, une fois de plus, toutes ses promesses. Son fidèle visiteur du premier samedi du mois annonce déjà son retour en septembre, ce qui laisse entière une question : quelles machines, et quelles histoires, feront le déplacement la prochaine fois ?