Mission Pégase
Projection aérienne française et coopérations stratégiques dans l'Indopacifique
La septième édition de la mission “Pégase” fait escale à La Réunion depuis ce vendredi 2 octobre 2026. Conduite par l’armée de l’Air et de l’Espace depuis début septembre, cette opération de 40 jours doit démontrer la capacité des forces aériennes françaises à se projeter rapidement sur de longues distances et à opérer aux côtés des partenaires de la France dans la zone indo-pacifique. Le déploiement s’inscrit dans une logique institutionnelle claire : affirmer la présence de l’État et le respect du droit international dans une région stratégique. Arctique, Indopacifique, Proche et Moyen-Orient : la mission traverse des zones que l’armée considère comme prioritaires pour l’action aérienne de la France.
C’est le commandant de la Base Aérienne 181, Thierry Aguilar, qui a détaillé le dispositif sur Réunion la 1ère. Son institution, la base aérienne 181 de Gillot à Sainte-Marie, accueille cinq aéronefs pour une escale de cinq jours : deux Rafale, avions de chasse multi-rôles, deux A330 MRTT Phénix, appareils ravitailleurs et de transport stratégique, ainsi qu’un A400M Atlas, avion de transport militaire.
Le parcours de la mission éclaire sa dimension interinstitutionnelle. Partie d’Alaska le 8 septembre, “Pégase” s’est arrêtée au Japon, en Indonésie, puis en Inde pour l’exercice “Tarang Shakti”. De là, la mission, en dédoublement, c’est-à-dire avec une partie seulement des équipages, a rejoint La Réunion. Après l’escale réunionnaise, les équipages se rendront en Égypte, où se déroulera l’exercice “Amun” du 7 au 15 octobre 2026. Cette succession d’escales et d’exercices bilatéraux montre comment l’armée de l’Air structure son déploiement autour de coopérations programmées avec des États partenaires.
Jusqu’au mardi 6 octobre, plusieurs vols sont prévus au-dessus de l’île. Les Rafale seront particulièrement visibles samedi, dimanche et lundi, et l’ensemble des micro-régions de l’île devrait être survolé au moins une fois. La base aérienne 181 a rendus publics des horaires et lieux de passage, expressément présentés comme indicatifs et susceptibles d’évoluer selon la météo ou les contraintes opérationnelles. Cette réserve rappelle que le calendrier relève de l’autorité militaire, non d’un programme de spectacle figé.
Samedi 3 octobre, des passages sont annoncés de 10h00 à 10h30 dans différents secteurs de l’île, notamment Saint-André, Saint-Benoît, Pierrefonds, Saint-Gilles, le Col des Bœufs, le Maïdo, le Pas de Bellecombe et l’Anse des Cascades, puis de 14h00 à 14h45 le long du littoral, de Sainte-Rose à Saint-Denis en passant par Saint-Philippe, Saint-Pierre, Étang-Salé, Saint-Leu, l’Hermitage, Boucan Canot et Le Port. Dimanche 4 octobre, un survol du littoral est prévu de 15h00 à 15h45 dans les secteurs Est, Sud, Ouest et Nord. Les aéronefs émettent un bruit de plus de 100 décibels : qui ne les voit pas devrait au moins les entendre.
Lundi 5 octobre concentre deux temps forts à portée symbolique et institutionnelle. Dès 9h00, un Rafale survolera le Barachois, à Saint-Denis, et la stèle de Roland Garros, à l’occasion de la cérémonie d’hommage à cette figure majeure de l’aviation française, au moment où l’on commémore le centenaire de sa traversée de l’Atlantique. Dans l’après-midi du même jour, une mission aérienne permettra de démontrer un ravitaillement en plein vol des Rafale par l’un des deux MRTT Phénix de la mission, une démonstration des capacités opérationnelles que l’armée entend mettre en avant.
Mardi matin, avant le départ, la base aérienne 181 ouvrira ses portes à quelque 500 jeunes Réunionnais issus des classes de défense de l’île. Ces élèves pourront poser leurs questions aux équipages et s’informer sur les métiers de l’armée de l’Air et de l’Espace, un volet qui relève de la transmission institutionnelle et du lien armée-nation. Le détail du programme est accessible via cette référence : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/la-mission-pegase-a-la-reunion-jusqu-a-mardi-ou-voir-les-deux-rafale-dans-les-prochains-jours-1743873.html
Au-delà des survols attendus par le public, l’escale réunionnaise de Pégase 26 se lit d’abord comme l’exercice d’un mandat : celui d’une armée chargée de projeter la puissance aérienne française dans l’Indopacifique, sous le contrôle de sa chaîne de commandement et au service de partenariats stratégiques assumés par l’État. Reste à savoir ce que cette édition laissera, à terme, comme empreinte durable dans la région.
Questions-réponses
Qui pilote la mission Pégase et dans quel but ?
L'armée de l'Air et de l'Espace, depuis début septembre 2026, dans le cadre d'une opération de 40 jours visant à démontrer la capacité des forces aériennes françaises à se projeter rapidement sur de longues distances.
Quels aéronefs sont accueillis à la base aérienne 181 de Gillot ?
Deux Rafale, deux A330 MRTT Phénix (ravitailleurs et transport stratégique) et un A400M Atlas (transport militaire), pour une escale de cinq jours.
Quel est le parcours de la mission et quels exercices bilatéraux inclut-il ?
Partie d'Alaska le 8 septembre, elle a fait escale au Japon, en Indonésie et en Inde pour l'exercice Tarang Shakti, puis rejoindra l'Égypte pour l'exercice Amun du 7 au 15 octobre 2026.
Quels temps forts institutionnels sont prévus le lundi 5 octobre ?
Le lundi 5 octobre : un Rafale survolera le Barachois et la stèle de Roland Garros à 9h00 lors d'une cérémonie d'hommage, puis l'après-midi une démonstration de ravitaillement en plein vol des Rafale par un MRTT Phénix.