Pendant près de deux mois, le téléphone du commissariat de Montauban n’a quasiment pas cessé de sonner. Entre le 8 août et le 8 octobre 2026, le standard de l’hôtel de police a enregistré pas moins de 577 appels malveillants, des communications répétées qui ont fini par perturber le quotidien des fonctionnaires et le fonctionnement même du service. Au bout du compte, un Montalbanais de 52 ans a été interpellé chez lui le 8 octobre 2026.
Pour les agents qui décrochaient jour après jour, l’épreuve a duré huit semaines. Face à cette situation, la cheffe d’état-major de la direction départementale de la police nationale de Tarn-et-Garonne a fini par déposer plainte. Les enquêteurs ont alors entrepris d’identifier l’auteur de ces appels et de le localiser, un travail qui les a conduits jusqu’à un appartement du centre-ville de Montauban.
C’est là que, le 8 octobre au matin, les policiers sont intervenus au domicile du quinquagénaire et ont procédé à son interpellation. Placé en garde à vue, l’homme a reconnu les faits lors de son audition. Une expertise psychiatrique a également été ordonnée, et le médecin a conclu que son état mental était compatible avec une sanction pénale.
L’enquête a par ailleurs fait apparaître d’autres victimes. En juin 2026, une jeune femme de 30 ans avait déjà déposé plainte contre cet homme après avoir reçu une quarantaine d’appels malveillants, dont certains comportaient des propos obscènes. Pour cette habitante de Montauban, comme pour les agents du commissariat, le harcèlement téléphonique n’a pas été un incident isolé mais une épreuve répétée dans le temps.
Le passé judiciaire du mis en cause a aussi pesé dans le dossier. Il avait déjà été condamné par le tribunal correctionnel de Montauban, en janvier 2021, pour des faits identiques. À l’issue de sa garde à vue, il a été déféré le 9 octobre dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, dite “plaider-coupable”, en récidive légale.
La justice a finalement prononcé une peine de cinq mois d’emprisonnement avec aménagement de peine, à laquelle s’ajoutent cinq mois d’emprisonnement avec sursis. À l’issue de sa présentation devant la justice, le quinquagénaire est ressorti libre du tribunal.
L’affaire illustre le coût humain de ce type de harcèlement, souvent perçu comme anodin alors qu’il finit par paralyser un service public de proximité et bouleverser la vie de celles et ceux qui en sont la cible. Pour les agents du commissariat de Montauban, la fin des appels marque le retour à un fonctionnement normal du standard, après deux mois d’interruptions répétées. Reste à savoir si cette condamnation suffira à empêcher d’autres appels.