Madagascar : permis d'exploitation validé pour les terres rares d'Ampasindava
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Madagascar : permis d'exploitation validé pour les terres rares d'Ampasindava

Un feu vert réglementaire qui engage l'État et la compagnie sur ses obligations

Le ministère malgache des Mines vient de franchir une étape décisive dans le dossier des terres rares d’Ampasindava. La compagnie Harena Rare Earths a annoncé ce 12 octobre la formalisation de son permis d’exploitation, un acte administratif qui rapproche la Grande île d’une activité d’extraction et de traitement local de métaux stratégiques, indispensables à des industries comme les éoliennes, les véhicules électriques et les équipements militaires.

Ce feu vert réglementaire ne s’est pas construit en un jour. Il découle de la signature d’un cahier des charges avec le ministère des Mines, rendue publique le 11 août. Ce document formalise les engagements techniques, financiers, environnementaux et sociaux de Harena dans le cadre du Code minier de 2023. Il encadre la prochaine phase de développement, comprenant une usine pilote et un laboratoire sur site. La logique est celle d’un échange d’obligations : l’administration donne au promoteur un cadre réglementaire pour poursuivre ses travaux, en contrepartie de devoirs envers le pays.

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Pour le gouvernement, ce dossier s’inscrit dans un objectif plus large : accroître le poids économique du secteur minier. Selon les données reprises l’année dernière par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le secteur extractif représentait 4,6% du PIB en 2023 et près de 50% des exportations. Mais ces dernières années, le pays a eu du mal à lancer de nouvelles mines et à attirer des investissements, notamment à cause du processus de révision du Code minier.

C’est pour répondre à ce blocage que les autorités ont rouvert le robinet des titres miniers. Le gouvernement a approuvé en janvier 2026 la reprise de l’octroi de permis d’exploitation, hors or, après seize années de suspension. La réception des demandes a officiellement repris en mai. Au-delà des permis, l’État cherche aussi des partenaires financiers : l’accord annoncé début octobre entre le Fonds souverain malagasy et Gemcorp prévoit de structurer des projets et de les mettre en relation avec des investisseurs internationaux, dans les mines, l’énergie et les infrastructures.

La dimension américaine ajoute un intérêt financier et diplomatique au dossier. Harena bénéficie d’un accord de financement de 4,84 millions de dollars (environ 4,3 millions d’euros) avec la DFC, l’agence américaine de financement du développement. Celle-ci présente cet engagement comme son premier investissement minier à Madagascar et poursuit des discussions avec la compagnie en vue de renforcer cette collaboration dans les mois à venir. Selon Harena, une cérémonie à l’ambassade des États-Unis a d’ailleurs marqué la formalisation du permis.

Le projet s’aligne aussi sur l’ambition malgache de transformer localement les minéraux critiques. Harena prévoit d’associer extraction et traitement sur place, et met en avant la création d’emplois, la formation d’une main-d’œuvre spécialisée et le soutien à l’entrepreneuriat local, sans toutefois chiffrer encore ces retombées.

Des inconnues subsistent néanmoins sur la portée exacte de l’autorisation délivrée. Le communiqué du lundi ne précise ni la durée du permis ni s’il couvre uniquement la phase pilote ou l’ensemble du développement envisagé. Par ailleurs, Harena doit encore obtenir le permis environnemental et finaliser les plans de gestion environnementale et sociale avant toute construction. Autant de conditions qui détermineront la conformité effective du projet à ses engagements.

En attendant, la phase pilote doit tester les paramètres techniques, économiques et environnementaux du projet et alimenter l’étude de faisabilité définitive. Harena dispose déjà de premières estimations, avec l’étude de préfaisabilité publiée en janvier 2026. Celle-ci envisage une exploitation sur vingt ans, grâce à un investissement initial de 142 millions de dollars.

Pour l’État malgache, la compagnie estime les retombées sur la durée du projet à 220 millions USD de redevances minières et 320 millions USD d’impôt sur les sociétés. Ces projections donnent une première mesure de l’enjeu budgétaire pour les finances publiques, de même que des coûts et des prix des terres rares, que les prochaines études devront affiner. Reste à savoir si les conditions réglementaires et environnementales encore en suspens permettront au projet de tenir ces promesses fiscales.

Questions-réponses

Qui a délivré le permis d'exploitation d'Ampasindava et quand a-t-il été formalisé ?

Le ministère malgache des Mines a validé le permis, dont la formalisation a été annoncée par Harena Rare Earths le 12 octobre, à l'issue d'un cahier des charges signé avec le ministère et rendu public le 11 août.

Quelles obligations Harena doit-elle encore remplir pour être en conformité ?

La compagnie doit obtenir le permis environnemental et finaliser les plans de gestion environnementale et sociale avant toute construction ; le communiqué ne précise pas non plus la durée du permis ni son périmètre exact.

Quel est le rôle de la DFC dans ce dossier ?

L'agence américaine de financement du développement accorde à Harena un financement de 4,84 millions de dollars (environ 4,3 millions d'euros), présenté comme son premier investissement minier à Madagascar, et poursuit des discussions pour renforcer cette collaboration.

Quelles retombées fiscales sont projetées pour l'État malgache ?

Harena estime 220 millions USD de redevances minières et 320 millions USD d'impôt sur les sociétés sur la durée d'une exploitation envisagée sur vingt ans, avec un investissement initial de 142 millions de dollars.

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