La Réunion : la gendarmerie de Bras-Fusil attend des moyens
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La Réunion : la gendarmerie de Bras-Fusil attend des moyens

Après l'incendie de la brigade, les syndicats réclament effectifs, matériel et redéploiement

La façade de la brigade territoriale de gendarmerie de Bras-Fusil, à Saint-Benoît, porte encore les traces de l’incendie survenu dans la nuit du 17 au 18 octobre. Les logements situés au-dessus et le local associatif attenant ont également subi des dégâts. C’est dans ce quartier que le préfet Patrice Latron s’est rendu ce mardi 27 octobre, à la rencontre des gendarmes et des habitants, pour annoncer un dispositif de sécurité renforcé pour le week-end d’Halloween, alors que l’île sort de deux week-ends consécutifs de violences urbaines survenues en marge des mobilisations citoyennes des 17 et 24 octobre.

Face aux dégradations, le représentant de l’Etat a voulu afficher une détermination intacte. « Ce genre d’exactions ne chasse pas les forces de l’ordre, au contraire il les renforce dans leur détermination », a déclaré Patrice Latron. Derrière les violences se trouvent des recherches en responsabilité, des enquêtes judiciaires et des interpellations. « La Justice travaille vite et elle condamne », a-t-il ajouté, tout en soulignant que les auteurs de l’incendie de la brigade n’ont pour l’heure pas été interpellés.

Le déploiement opérationnel des dernières nuits donne la mesure de l’effort engagé. 120 policiers ont été mobilisés la nuit du 17 au 18 octobre, puis 350 policiers et gendarmes pour la nuit du 24 au 25 octobre, avec un renfort apporté par l’escadron de gendarmerie mobile de Périgueux. À l’approche d’un week-end traditionnellement mouvementé, le préfet a rappelé son pouvoir de procéder à des expulsions locatives si nécessaire, et promis un dispositif supérieur à celui du samedi précédent. « Samedi soir, les forces de l’ordre seront en nombre et en qualité dans un dispositif renforcé par rapport à ce que nous avons mis en place samedi dernier, pour permettre qu’Halloween soit une fête et non pas l’occasion pour des délinquants de procéder à des exactions », a-t-il déclaré.

Mais si les effectifs ont été alignés en nombre, les syndicats de police estiment que les moyens structurels ne suivent pas. La fonction publique n’est pas épargnée par les coupes budgétaires, et les organisations réclament des conditions décentes pour travailler. « On est le dernier rempart de la République, on l’a vu sur les manifestations lycéennes, on l’a vu également sur les manifestations des gilets jaunes, et ce qu’on attend aujourd’hui de la police, c’est qu’elle protège la République. Mais pour protéger la République, on doit avoir des moyens et ça passe par un investissement de l’Etat », a plaidé Stéphane Patché, secrétaire départemental d’Alliance Police nationale.

Ce mardi matin à Saint-Denis, Alliance Police nationale 974 a organisé un tractage pour faire entendre ses revendications concrètes : renforcement des effectifs de terrain et des unités spécialisées, matériel adapté et en nombre suffisant, véhicules conformes aux réalités opérationnelles du terrain. Le syndicat réclame également un nouveau commissariat au Port, avec des locaux adaptés aux conditions de travail des policiers et à l’accueil du public.

Le redéploiement Police-Gendarmerie revient par ailleurs au centre du débat. Alliance Police nationale demande une répartition cohérente des forces sur le territoire réunionnais ainsi qu’une antenne supplémentaire pour le Grand port maritime, en complément de la douane. « Si aujourd’hui on veut lutter contre les stupéfiants au niveau de l’aéroport, il faut aussi lutter contre l’introduction au niveau du grand port maritime. Lors des élections municipales, il y a plusieurs maires de La Réunion qui se sont positionnés en faveur d’un redéploiement Police-gendarmerie, donc aujourd’hui c’est le moment », a affirmé Stéphane Patché. Par le biais de l’association des maires, il invite les édiles de Saint-Benoît, Saint-Paul, Saint-Louis, Le Tampon, Saint-Joseph et La Possession à demander le redéploiement en zone police auprès du préfet.

Des élus locaux sont également démarchés par le syndicat UNSA Police, qui partage ces revendications. « Nous sensibilisons ces politiques pour qu’eux, qui ont une voix au niveau du gouvernement, portent toutes ces revendications au niveau national », explique Mickaël Hoareau, secrétaire régional du syndicat. Selon lui, le renforcement des effectifs permettrait aussi de répondre aux nombreuses demandes de policiers réunionnais souhaitant revenir exercer dans leur île. UNSA Police défend davantage de moyens, plus de véhicules, le redéploiement Police-Gendarmerie, la lutte contre le narcotrafic et la création d’une BAC de jour à Saint-Pierre.

Le manque de matériel, le manque d’effectifs, le manque de personnel sur la voie publique et le manque d’enquêteurs sont, pour Gilles Clain, secrétaire national exécutif d’Unité Police Force Ouvrière, « criants » à La Réunion. Son syndicat, fortement engagé sur la question du redéploiement, demande le respect des textes en vigueur. « Si on respecte les textes, il n’y a pas que 4 communes, comme c’est le cas aujourd’hui, qui doivent être en zone police mais beaucoup plus de communes. Il est grand temps de revenir sur un redéploiement Police-Gendarmerie en faveur de la Police nationale », a-t-il déclaré. Une réorganisation qui permettrait, selon le syndicat, aux policiers réunionnais en attente en métropole de revenir exercer sur leur territoire et de répondre au mieux à la délinquance existante dans l’île.

Entre fermeté opérationnelle à l’approche d’Halloween et revendications pressantes sur les moyens, le dossier de la sécurité publique à La Réunion se joue désormais autant dans les effectifs et les locaux que dans les nuits de mobilisation. Samedi soir dira si le dispositif annoncé suffira à faire d’Halloween une fête.

Questions-réponses

Que s'est-il passé à la brigade de gendarmerie de Bras-Fusil ?

Un incendie s'est déclaré dans la nuit du 17 au 18 octobre, endommageant la façade de la brigade territoriale, les logements situés au-dessus et le local associatif attenant. Les auteurs n'ont pour l'heure pas été interpellés.

Quel dispositif le préfet a-t-il annoncé pour Halloween ?

Patrice Latron a promis un dispositif renforcé par rapport au samedi précédent, avec des forces de l'ordre en nombre et en qualité, et a rappelé son pouvoir de procéder à des expulsions locatives si nécessaire.

Quels effectifs ont été mobilisés lors des dernières nuits ?

120 policiers ont été mobilisés la nuit du 17 au 18 octobre, puis 350 policiers et gendarmes la nuit du 24 au 25 octobre, avec un renfort de l'escadron de gendarmerie mobile de Périgueux.

Que réclament les syndicats de police ?

Ils demandent un renforcement des effectifs de terrain et des unités spécialisées, du matériel et des véhicules adaptés, un nouveau commissariat au Port, une antenne pour le Grand port maritime, une BAC de jour à Saint-Pierre et un redéploiement Police-Gendarmerie.

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