Réunion : des familles suisses célèbrent leur fête nationale au cœur du Sud sauvage
Océanie

Réunion : des familles suisses célèbrent leur fête nationale au cœur du Sud sauvage

Des familles suisses et créoles partagent deux jours de mémoire, de forêt et de saveurs insolites au sud de La Réunion.

Catherine Dambreville se souvient de l’odeur du gîte avant même que les convives s’installent : la salle sentait la forêt, les fleurs de vacoa, et quelque chose d’indéfinissable qui appartient au Sud sauvage de La Réunion. C’est là, au Baril, dans ce coin de l’île que les circuits touristiques ordinaires n’atteignent guère, que l’Amicale des Suisses de La Réunion a choisi de fêter son 1er août cette année.

Présidente de l’Amicale, Catherine Dambreville a conduit la soirée aux côtés du nouveau consul honoraire de Suisse, Pierre-Henri Hamburger. Le choix du Gîte Pimpin d’Amour, à Saint-Philippe, n’avait rien d’arbitraire : le Baril porte une identité créole forte, ancrée loin des façades habituelles. Les hôtes du gîte ont accueilli la communauté avec une chaleur qui a, d’emblée, donné sa couleur à la nuit.

Au centre de la table ce soir-là trônait le pimpin, fruit du vacoa, éponyme du gîte lui-même. Peu de visiteurs le connaissent. Sa dégustation en a surpris plus d’un : son goût rappelle étonnamment celui de l’artichaut. Pour les convives réunis, c’était aussi une façon de mettre en lumière un produit du patrimoine créole que même les habitants de l’île ne connaissent pas toujours.

Les contes ont pris le relais une fois la table desservie. Richard Marxer, originaire du Liechtenstein et habitant de l’île depuis vingt ans, a porté la veillée en tissant des récits “d’ici et d’ailleurs”, mêlant les histoires de l’océan Indien et celles d’Europe. Sa présence même incarnait quelque chose de concret : la façon dont des gens venus d’horizons très différents finissent par s’ancrer dans un lieu, par en adopter les mémoires et les saveurs.

Le lendemain matin, la forêt de Mare Longue attendait les marcheurs.

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette forêt primaire a été parcourue sous la conduite de M. Rivière, ancien agent de l’Office national des forêts et connaisseur intime de ces bois. Arbre après arbre, il a fait vivre les trésors de cet espace exceptionnel, rappelant combien la biodiversité qui s’y abrite est unique et fragile. Pour les participants, la randonnée a été bien davantage qu’une promenade dominicale : une leçon vivante sur l’enjeu de préserver un patrimoine naturel commun.

Ce que ces deux journées ont montré, c’est l’esprit qui anime l’Amicale depuis ses débuts : des rencontres entre cultures et générations, construites sur ce que les gens ont en commun plutôt que sur ce qui les distingue.

L’association prépare déjà une prochaine journée à l’Entre-Deux, bâtie autour du four à pain “lontan” de l’association Entre-Deux Z’Épok. Ce savoir-faire ancien, que l’on remet à l’honneur, accueillera petits et grands, tous les Suisses de l’île et leurs amis, venus pétrir, partager et garder vivants les gestes qui relient les gens à la terre où ils vivent. Il reste à voir si le pimpin, lui aussi, fera un jour le chemin jusqu’à ce four.

Questions-réponses

Où et pourquoi l'Amicale des Suisses de La Réunion a-t-elle choisi de fêter le 1er août cette année ?

La fête s'est tenue au Gîte Pimpin d'Amour, à Saint-Philippe, dans le quartier du Baril, choisi pour son identité créole forte et son ancrage loin des façades touristiques habituelles.

Quel rôle Richard Marxer a-t-il joué lors de la soirée, et qu'est-ce que sa présence symbolisait ?

Richard Marxer, originaire du Liechtenstein et habitant de l'île depuis vingt ans, a animé la veillée en racontant des contes mêlant histoires de l'océan Indien et d'Europe, incarnant concrètement la façon dont des gens d'horizons très différents finissent par s'ancrer dans un lieu.

Qu'est-ce que le pimpin et pourquoi sa dégustation a-t-elle surpris les convives ?

Le pimpin est le fruit du vacoa, éponyme du gîte. Peu connu même des habitants de l'île, son goût rappelle étonnamment celui de l'artichaut, ce qui a surpris la plupart des convives.

Quelle activité était prévue le lendemain matin, et qui en assurait la conduite ?

Les participants ont randonné en forêt primaire de Mare Longue, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, sous la conduite de M. Rivière, ancien agent de l'Office national des forêts et connaisseur intime de ces bois.

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