Étudiants mahorais : un partenariat avec Madagascar ouvre des portes pour leur avenir
Un accord universitaire régional offre aux jeunes Mahorais une nouvelle chance de poursuivre leurs études.
À Mayotte, des étudiants retrouvent une voie vers Madagascar grâce à un nouveau partenariat universitaire
Pour certains jeunes Mahorais, l’avenir académique tient parfois à quelques centaines de kilomètres de mer. Des étudiants dont la situation administrative limite les possibilités de poursuivre leur cursus dans l’Hexagone pourraient bientôt disposer d’une alternative concrète, à portée régionale. C’est sur ce fond humain que s’inscrit l’accord signé entre l’Université de Mayotte et l’Université de Mahajanga, à Madagascar.
Additional reference context is available at https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/formation-l-universite-de-mayotte-ouvre-une-nouvelle-passerelle-vers-madagascar-1727725.html.
Ce n’est pas la première fois que Madagascar joue ce rôle dans la vie des Mahorais. Dès les années 70 et 80, de nombreux jeunes de l’île avaient choisi de se former à Mahajanga, tissant entre les deux territoires des liens qui ont perduré dans les mémoires familiales. Le partenariat nouvellement signé renoue avec cette histoire, tout en lui donnant un cadre institutionnel contemporain.
Concrètement, le texte prévoit des échanges d’étudiants et d’enseignants, des stages, des formations et des projets de recherche communs. Les domaines couverts sont larges : santé, environnement, biodiversité, sécurité alimentaire, droit, économie bleue et sciences marines. Le tourisme et l’hôtellerie figurent également parmi les secteurs envisagés, et Madagascar dispose sur ces points d’un savoir-faire reconnu. L’Université de Mahajanga possède d’ailleurs sa propre École de tourisme, avec des cursus allant de la licence au master.
Pour les étudiants concernés, l’enjeu est immédiat. Ceux dont les possibilités de mobilité vers la France métropolitaine se trouvent restreintes par leur situation administrative auraient ainsi accès à une offre de formation dans un pays voisin, à seulement quelques centaines de kilomètres de Mayotte. Le reportage original publié sur la1ere.franceinfo.fr souligne précisément cet enjeu, en notant que l’ouverture régionale représente une opportunité pour ces profils en particulier.
Le chemin reste cependant à construire. Un comité mixte doit identifier les premiers projets concrets et préparer notamment un dossier Erasmus+ destiné à financer les mobilités et les échanges. Ce comité de pilotage aura également pour mission de déterminer quelles filières feront l’objet d’échanges, de mobilités ou de cursus communs. Les étudiants intéressés devront encore patienter avant de voir des programmes opérationnels se mettre en place.
La dimension humaine du projet ne se limite pas aux seuls étudiants en difficulté administrative. Pour l’ensemble des jeunes Mahorais, ce partenariat ouvre des horizons académiques régionaux qui n’existaient pas de manière formelle jusqu’ici. Halidi Halda, auteur de l’article source, glisse une note réaliste : Madagascar reste avant tout, dans l’imaginaire mahorais, une destination de vacances. La question de savoir si les étudiants qui s’y rendront resteront concentrés sur leurs études demeure entière.
Ce rapprochement entre Mayotte et Mahajanga illustre aussi la volonté de l’Université de Mayotte de consolider son ancrage dans l’espace régional de l’océan Indien, en s’appuyant sur des liens historiques existants plutôt qu’en cherchant à en créer de toutes pièces. Pour les familles mahoraises qui se souviennent d’un fils ou d’une fille parti étudier à Mahajanga il y a quarante ans, l’accord signé aujourd’hui résonne comme un écho familier. Ce que la génération suivante en fera reste, pour l’heure, une promesse encore à tenir.
Questions-réponses
Quels étudiants sont les premiers concernés par ce partenariat ?
Les étudiants mahorais dont la situation administrative limite les possibilités de poursuivre leur cursus en France métropolitaine sont les premiers bénéficiaires visés, car le partenariat leur offre une alternative de formation à quelques centaines de kilomètres de Mayotte.
Quels domaines de formation sont couverts par l'accord entre les deux universités ?
L'accord couvre la santé, l'environnement, la biodiversité, la sécurité alimentaire, le droit, l'économie bleue, les sciences marines, ainsi que le tourisme et l'hôtellerie, avec des cursus allant de la licence au master à l'Université de Mahajanga.
Quelles étapes concrètes restent à franchir avant que les étudiants puissent bénéficier du dispositif ?
Un comité mixte de pilotage doit identifier les premiers projets, déterminer les filières concernées et préparer un dossier Erasmus+ pour financer les mobilités et les échanges. Les programmes opérationnels ne sont donc pas encore en place.
Quel lien historique ce partenariat renoue-t-il entre Mayotte et Madagascar ?
Dès les années 70 et 80, de nombreux jeunes Mahorais avaient choisi de se former à Mahajanga, créant des liens qui ont perduré dans les mémoires familiales. Le nouvel accord renoue avec cette histoire en lui donnant un cadre institutionnel contemporain.