350 étudiants d'Antsiranana transformés par une semaine d'anglais intensif inédite
Des ateliers intensifs à Antsiranana révèlent l'impact humain de décennies de coopération universitaire franco-malgache.
Plus de 350 étudiants d’Antsiranana ont vécu, en juin 2026, une semaine comme ils n’en avaient jamais connu: quatre heures d’anglais par jour, pendant une semaine entière, aux côtés d’enseignants français et malgaches travaillant ensemble devant eux. Cette “Semaine de l’anglais”, organisée à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université d’Antsiranana (UNA), n’était pas un événement isolé. Elle était le résultat visible, concret, de décennies de partenariat entre l’Université Bordeaux Montaigne et plusieurs universités malgaches.
Les étudiants, répartis selon leur niveau, ont suivi des ateliers interactifs portant sur la phonétique, la linguistique, la traduction, ainsi que sur les littératures et civilisations britannique et américaine. Des binômes d’enseignants, un Français et un Malgache animant chaque session de conversation, ont également produit des ressources pédagogiques destinées à durer bien au-delà du projet. Au total, trois enseignants-chercheurs et trois doctorants de Bordeaux Montaigne ont fait le déplacement, aux côtés de cinq enseignants de l’UNA.
Cette semaine intensive clôturait un deuxième projet Erasmus+ KA171, mené entre 2023 et 2026. Mais la coopération, elle, remonte bien plus loin. Les premiers liens académiques entre Bordeaux et le nord de Madagascar ont été noués dans les années 1980 et 1990, avec les universités d’Antsiranana et de Toliara. Interrompus, puis réactivés à partir des années 2010, ces échanges ont été formalisés progressivement: l’accord avec l’Université de Toliara a été officialisé en 2014, celui avec l’Université d’Antsiranana est entré en vigueur en 2015.
Pour les étudiants et enseignants directement concernés, ces partenariats ont changé des trajectoires. Grâce au premier projet Erasmus+ KA171 (2020-2023), Xavier Amelot, enseignant-chercheur à Bordeaux Montaigne, a contribué avec ses collègues malgaches à la création du Master en Géographie “Cartographie et Littoral” à l’UNA, lancé en 2021. Dans le domaine des études anglophones, Nathalie Jaëck, également de Bordeaux Montaigne, a assuré un accompagnement pédagogique qui, combiné à une mobilité de formation à Bordeaux d’Éric Rafalimiadana, enseignant à l’UNA, a permis de concevoir des contenus nouveaux et de contribuer à la réouverture de la filière de littérature anglaise à Antsiranana.
Le deuxième projet Erasmus+ (2023-2026) a élargi ces acquis. Il a soutenu le développement d’un Master en études anglophones et la redynamisation de l’enseignement de l’italien, pour répondre aux besoins croissants en personnels multilingues dans le secteur touristique malgache. Ce projet a permis au total 22 mobilités, dont quatre doctorants malgaches ayant séjourné en France.
Pendant ce temps, à Fianarantsoa, d’autres étudiants et chercheurs bénéficiaient d’un dispositif distinct. Le projet Madatlas, financé par l’Agence Française de Développement dans le cadre des Partenariats avec l’Enseignement Supérieur Africain, a proposé un parcours LMD centré sur la cartographie numérique au service du développement durable des territoires. Porté par l’Université de Fianarantsoa et l’Université Gustave Eiffel, avec l’IRD Madagascar et l’Université Bordeaux Montaigne comme partenaires du consortium, ce projet a tenu sa cérémonie de clôture officielle les 22 et 23 juin à l’Université de Fianarantsoa. À cette occasion, Elisabeth Hofmann et Xavier Amelot, tous deux enseignants à Bordeaux Montaigne, ont reçu la distinction “Honoris Causa” de l’Université de Fianarantsoa, conjointement à des collègues de l’Université Gustave Eiffel et de l’IRD.
L’Université Bordeaux Montaigne compte aujourd’hui cinq partenaires malgaches. Des pourparlers sont en cours avec l’Université d’Itasy, située à Soavinandriana dans la Région d’Itasy, une université en cours d’acquisition de son indépendance, qui entretient par ailleurs une coopération décentralisée avec la Région Nouvelle Aquitaine. La Chaire UNESCO “Formation de professionnel/-les de développement durable” a déjà pu collaborer avec certains membres de son équipe et de ses étudiants.
La dynamique se prolonge au-delà de Madagascar. Un nouveau projet Erasmus+ KA171 (2025-2028) réunit Bordeaux Montaigne à quatre universités d’Afrique subsaharienne, dont l’Université de Fianarantsoa, ainsi que des établissements au Cameroun, au Togo et au Bénin. Un autre projet (2026-2029) a été déposé avec ces mêmes partenaires, en y ajoutant l’Université d’Antsiranana, portant notamment sur la géographie, les langues, les études de genre et le français langue étrangère.
Ce que donnera cette nouvelle génération de projets aux étudiants qui en bénéficieront, on ne le sait pas encore. Le bilan complet de la coopération engagée jusqu’ici est accessible à l’adresse https://www.u-bordeaux-montaigne.fr/fr/actualites/international/focus-sur-la-cooperation-avec-madagascar.html.
Questions-réponses
Qu'ont vécu concrètement les étudiants d'Antsiranana lors de la Semaine de l'anglais en juin 2026?
Plus de 350 étudiants ont suivi quatre heures d'anglais par jour pendant une semaine entière, répartis selon leur niveau, dans des ateliers interactifs portant sur la phonétique, la linguistique, la traduction, ainsi que sur les littératures et civilisations britannique et américaine, encadrés par des binômes d'enseignants français et malgaches.
Comment le parcours d'Éric Rafalimiadana illustre-t-il l'impact humain de ces partenariats?
Enseignant à l'UNA, Éric Rafalimiadana a effectué une mobilité de formation à Bordeaux qui, combinée à l'accompagnement pédagogique de Nathalie Jaëck, a permis de concevoir de nouveaux contenus et de contribuer à la réouverture de la filière de littérature anglaise à Antsiranana.
Quels nouveaux débouchés académiques ces coopérations ont-elles ouverts pour les étudiants malgaches?
Les partenariats ont permis la création du Master en géographie 'Cartographie et Littoral' à l'UNA en 2021, le développement d'un Master en études anglophones, la redynamisation de l'enseignement de l'italien pour répondre aux besoins en personnels multilingues dans le tourisme, et un parcours LMD en cartographie numérique à Fianarantsoa.
Qu'est-ce que le projet Madatlas a apporté aux étudiants et chercheurs de Fianarantsoa?
Le projet Madatlas, financé par l'Agence Française de Développement, a proposé un parcours LMD centré sur la cartographie numérique au service du développement durable des territoires. Sa cérémonie de clôture officielle s'est tenue les 22 et 23 juin à l'Université de Fianarantsoa.