Taux d'intérêt : emprunteurs et salariés face au silence ambigu de la Fed
Océanie

Taux d'intérêt : emprunteurs et salariés face au silence ambigu de la Fed

Millions de foyers endettés attendent de savoir si le coût de leur crédit va baisser.

Taux, inflation et incertitude : ce que les ménages et travailleurs lisent entre les lignes de la Fed

Des millions d’emprunteurs, de salariés et d’épargnants attendaient mercredi un signal clair sur l’avenir des taux d’intérêt américains. Ce signal ne viendra peut-être pas. La publication du compte-rendu de la réunion de juillet de la Réserve fédérale américaine, prévue dans la journée, ne devrait pas dissiper le flou qui pèse sur les décisions financières de millions de foyers, selon les observateurs de marché.

Pour les ménages endettés à taux variable, le contexte offre pourtant un répit potentiel. Le ralentissement de l’inflation aux États-Unis en juillet, combiné à des statistiques décevantes sur l’emploi et les ventes au détail, a profondément modifié les anticipations. Avant la parution de ces données la semaine dernière, les investisseurs étaient partagés. Ils tablent désormais à près de 70 % sur un maintien des taux américains en septembre, selon l’outil FedWatch du CME. Aucune décision n’est encore arrêtée, mais pour les foyers qui gèrent chaque mois le coût de leur crédit, cette orientation compte.

C’est dans ce contexte que le dollar reculait mercredi matin à Londres, perdant 0,24 % face à l’euro, à 1,1604 dollar pour un euro, 0,16 % face à la livre sterling, à 1,3554 dollar pour une livre, et 0,28 % face au yen japonais. Par rapport au franc suisse, un dollar valait 0,81029 franc peu après midi.

L’analyste Stephen Innes, de Quintex Intel, résume la situation avec précision. Le compte-rendu de la réunion des 28 et 29 juillet avait été interprété à l’époque comme ouvrant la voie à davantage de resserrement monétaire. Mais les données économiques publiées depuis ont changé la donne. “Cela devrait limiter la capacité des +minutes+ à redonner l’avantage au dollar”, estime-t-il.

Ce qui complique la lecture pour les familles qui planifient un emprunt immobilier ou ajustent leur budget mensuel, c’est la posture du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh. Innes signale que Warsh a posé comme principe de laisser les marchés dans le flou concernant la trajectoire monétaire. Chaque indice sur ses orientations futures devient dès lors précieux, aussi bien pour les opérateurs que pour les foyers ordinaires. Des éléments de contexte supplémentaires sont disponibles à cette adresse : https://ch.zonebourse.com/actualite-bourse/le-dollar-flanche-avant-le-compte-rendu-de-la-reunion-de-juillet-de-la-fed-ce7859d2d980f226

De l’autre côté de la Manche, la situation des ménages britanniques reste, elle aussi, suspendue à des décisions de politique monétaire. Au Royaume-Uni, le taux d’inflation est reparti à la hausse en juillet, atteignant 2,9 % sur un an. Cette progression s’explique par le relèvement du plafond des prix de l’énergie, révisé tous les trois mois par le régulateur du secteur, une mécanique qui se répercute directement sur les factures des foyers britanniques.

Malgré cette remontée, Neil Wilson, analyste chez Saxo Bank, juge que ces chiffres “ne contiennent rien de particulier de nature à inquiéter davantage la Banque d’Angleterre”, et devraient lui permettre de “résister aux appels à de nouvelles hausses de taux”. La veille, des statistiques moroses sur l’emploi britannique avaient déjà conforté cette lecture : la banque centrale maintiendra vraisemblablement ses taux inchangés lors de sa prochaine réunion en septembre.

Pour les Britanniques qui remboursent un crédit à taux variable ou cherchent à renégocier leur prêt immobilier, cette stabilité attendue représente une bouffée d’air. Concrète, mesurable, attendue.

L’incertitude reste pourtant le fil conducteur de cette journée, des deux côtés de l’Atlantique. Les millions de foyers qui en subissent les conséquences concrètes devront patienter encore avant de savoir si le coût de leur dette s’allégera ou s’alourdit, et si les prochaines réunions de septembre, à Washington comme à Londres, trancheront enfin dans un sens ou dans l’autre.

Questions-réponses

Pourquoi les ménages endettés à taux variable peuvent-ils espérer un répit aux États-Unis ?

Le ralentissement de l'inflation en juillet, combiné à des statistiques décevantes sur l'emploi et les ventes au détail, a conduit les investisseurs à tabler à près de 70 % sur un maintien des taux américains en septembre, selon l'outil FedWatch du CME.

Comment la hausse de l'inflation britannique affecte-t-elle concrètement les foyers au Royaume-Uni ?

La remontée de l'inflation à 2,9 % en juillet s'explique par le relèvement du plafond des prix de l'énergie, révisé tous les trois mois par le régulateur du secteur, ce qui se répercute directement sur les factures des foyers britanniques.

Qu'est-ce que la posture de Kevin Warsh change pour les familles qui planifient un emprunt immobilier ?

Kevin Warsh, nouveau président de la Fed, a posé comme principe de laisser les marchés dans le flou concernant la trajectoire monétaire, rendant chaque indice sur ses orientations futures précieux et compliquant la planification budgétaire des foyers ordinaires.

Que peuvent espérer les Britanniques qui cherchent à renégocier leur prêt immobilier avant la réunion de septembre ?

Selon l'analyste Neil Wilson de Saxo Bank, les chiffres d'inflation ne devraient pas pousser la Banque d'Angleterre à de nouvelles hausses de taux, et des statistiques moroses sur l'emploi confortent l'idée d'un maintien des taux en septembre, offrant une stabilité attendue aux emprunteurs.