À Rivière-Noire, un banian abattu bouleverse les habitants
À La Mivoie, l'abattage d'un banian centenaire mobilise riverains et ministre
Le vieux banian de La Mivoie n’est plus. Jeudi 8 octobre, à Rivière-Noire, les habitants ont découvert un tronc abattu, vestige d’un arbre qui faisait partie de leur paysage quotidien depuis des décennies. C’est cette perte, concrète et visible, qui a suscité une réaction rapide du ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Rajesh Bhagwan.
Dans une déclaration rendue publique, le ministre tient d’abord à expliquer le cadre de l’affaire. L’environnement, rappelle-t-il, est une question multidimensionnelle qui ne se résume pas à la nature et à l’écologie. C’est pourquoi la population se tourne naturellement vers son ministère dès qu’une doléance environnementale se fait sentir. Mais la loi mauricienne établit la responsabilité de chaque ministère, et dans le cas du banian de La Mivoie, seul le département des Bois et Forêts, relevant du ministère de l’Agro-Industrie, est compétent.
Cette précision institutionnelle n’a pas empêché une intervention immédiate. « Dès que j’ai été alerté de la situation, hier, j’ai agi sans attendre et pris contact avec le ministère concerné », affirme Rajesh Bhagwan. Pour lui, l’enjeu dépassait le cas d’un seul arbre : il s’agissait de répondre à l’inquiétude d’une communauté qui voit son cadre de vie se transformer, parfois sans pouvoir intervenir.
Le ministre est allé plus loin en portant le dossier à son collègue de l’Agro-Industrie, afin d’assurer une meilleure coordination chaque fois qu’un arbre doit être abattu, que ce soit pour un projet d’infrastructure ou pour toute autre raison. Il cite l’exemple d’une coopération déjà existante avec la Beach Authority pour les arbres situés sur les plages, abattus dans un souci de sécurité. L’idée est d’éviter que des situations comme celle de La Mivoie se reproduisent sans que les acteurs ne se consultent.
Car pour Rajesh Bhagwan, chaque arbre abattu est un crime contre la nature. Derrière le banian tombé, cinq autres arbres étaient destinés au même sort. Le ministre indique que ce massacre a pu être arrêté à La Mivoie, grâce à l’engagement obtenu du contracteur de sauver ces cinq arbres restants. Pour les riverains, cela signifie que le coin d’ombre et la présence végétale qui ponctuaient leur quotidien ne disparaîtront pas entièrement.
L’épisode illustre aussi une réalité que le ministre ne cache pas : les attentes du public vont souvent au-delà des attributions légales de son ministère. Les habitants qui signalent la disparition d’un arbre ne s’intéressent pas aux frontières entre départements. Ils veulent savoir pourquoi un arbre de leur environnement a disparu, et si d’autres suivront. C’est à cette attente que Rajesh Bhagwan dit avoir voulu répondre, en agissant sans attendre malgré l’absence de compétence directe de son ministère.
Reste que le banian, lui, ne se relevera pas. La coordination annoncée entre les deux ministères devra désormais prouver son utilité sur le terrain, là où les communautés vivent avec les conséquences de chaque décision d’abattage. Pour les habitants de Rivière-Noire, la sauvegarde des cinq arbres restants constitue déjà une victoire, même amère, dans un dossier qui a rappelé à quel point un arbre peut compter dans la vie d’un quartier.
Questions-réponses
Que se est-il passé à La Mivoie, à Rivière-Noire ?
Jeudi 8 octobre, les habitants ont découvert un tronc abattu : le vieux banian de La Mivoie, un arbre qui faisait partie de leur paysage quotidien depuis des décennies, avait été coupé.
Qui a réagi à cette disparition et comment ?
Le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, alerté de la situation, a agi sans attendre et pris contact avec le ministère concerné, puis a porté le dossier à son collègue de l'Agro-Industrie pour une meilleure coordination.
Quel ministère était compétent dans ce dossier ?
Selon la loi mauricienne, seul le département des Bois et Forêts, relevant du ministère de l'Agro-Industrie, était compétent pour le banian de La Mivoie, même si la population se tourne naturellement vers le ministère de l'Environnement.
Quel résultat concret cette intervention a-t-elle obtenu pour les riverains ?
Cinq autres arbres destinés au même sort ont été sauvés grâce à l'engagement obtenu du contracteur, ce qui signifie pour les habitants que la présence végétale de leur quotidien ne disparaîtra pas entièrement.