Cyberattaque chez U : la chaîne du froid a tenu, assure le PDG
Les équipes et les frigoristes ont sauvé la réfrigération dans l'essentiel du réseau
La chaîne du froid a tenu. C’est le message que Dominique Schelcher, président directeur général de Coopérative U, a voulu transmettre mardi 13 octobre sur RTL après la cyberattaque qui a visé les installations frigorifiques de centaines de supermarchés en France. Selon lui, la majorité des points de vente touchés ont maintenu leur chaîne du froid, et seule une minorité a dû se défausser de marchandises.
L’attaque s’est produite dans la nuit de dimanche à lundi. Des hackers ont pris le contrôle de la régulation du froid, autrement dit le pilotage des systèmes de réfrigération. Le périmètre dépasse largement une seule enseigne : quelque 300 magasins Intermarché et Netto, 80 supermarchés Carrefour, une trentaine de Monoprix et plusieurs magasins E.Leclerc ont été concernés, aux côtés des enseignes du groupe U.
Sur le terrain, l’exploitation a été le nerf de la guerre. Chez Coopérative U, 80 magasins seulement sur 2 000 ont été touchés, et une très grande majorité d’entre eux a pu contrer l’attaque, a assuré le dirigeant. Il a salué la réactivité des patrons de ces points de vente, des équipes et des frigoristes, qui ont évité toute casse et toute rupture de la chaîne du froid. C’est précisément cette mobilisation opérationnelle, dans les heures qui ont suivi l’intrusion, qui a permis de limiter les pertes matérielles dans les magasins.
Les dégâts restent néanmoins réels là où la défense a échoué. Dans un petit magasin, les pertes liées à la nourriture jetée peuvent atteindre quelques dizaines de milliers d’euros, a précisé Dominique Schelcher. Dans un hypermarché, la facture peut monter à 180 000, voire 200 000 euros. Le dirigeant a toutefois tempéré l’ampleur du tableau en reconnaissant ne pas disposer du chiffrage total des dégâts. Ce manque de visibilité comptable illustre le décalage classique entre la gestion d’une crise technique en temps réel et l’établissement a posteriori d’un bilan consolidé.
Pour les équipes de magasin, l’épisode a été une épreuve concrète de continuité de service. Une gérante a raconté son désarroi après l’incident, expliquant avoir tout jeté dans son établissement touché. Ce témoignage rappelle que, derrière les chiffres agrégés du groupe, la défaillance d’un système de régulation se traduit, au niveau local, par des pertes sèches et une logistique d’urgence pour remettre les installations en état de fonctionner.
Le dossier a rapidement dépassé le seul périmètre des exploitants. Matignon a saisi l’Anssi, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, et Sébastien Lecornu a indiqué suivre le dossier personnellement. Cette intervention des autorités de supervision arrive alors que les enseignes continuent d’évaluer l’étendue exacte des dysfonctionnements et de consolider leurs systèmes de froid.
Au total, la direction de Coopérative U présente une exécution globalement réussie face à une attaque d’un type inhabituel, qui ciblait non pas les caisses ou les données commerciales mais l’infrastructure même de conservation des produits. Sur 2 000 magasins, 80 ont été affectés, une minorité d’entre eux a perdu des marchandises, et la chaîne du froid a été préservée dans l’essentiel du réseau grâce à l’intervention rapide des équipes et des frigoristes. Le chiffrage définitif des pertes, lui, reste attendu, tandis que les autres enseignes touchées, Intermarché, Netto, Carrefour, Monoprix et E.Leclerc, poursuivent leurs propres bilans d’exploitation.
Questions-réponses
Quand l'attaque a-t-elle eu lieu et qu'a-t-elle ciblé ?
Dans la nuit de dimanche à lundi, des hackers ont pris le contrôle de la régulation du froid, c'est-à-dire le pilotage des systèmes de réfrigération des magasins.
Combien de magasins Coopérative U ont été affectés ?
Selon Dominique Schelcher, 80 magasins sur 2 000 ont été touchés, et une très grande majorité d'entre eux a pu contrer l'attaque, évitant toute casse et toute rupture de la chaîne du froid.
Quelle est l'ampleur des pertes ?
Quelques dizaines de milliers d'euros dans un petit magasin, et jusqu'à 180 000, voire 200 000 euros dans un hypermarché ; le chiffrage total des dégâts n'est pas encore disponible.
Quelle a été la réaction des autorités ?
Matignon a saisi l'Anssi, l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, et Sébastien Lecornu a indiqué suivre le dossier personnellement.