Les taux moyens des crédits immobiliers grimpent encore en octobre, après la remontée entamée en septembre. Les emprunteurs obtiennent désormais en moyenne 3,30 % sur 15 ans, 3,51 % sur 20 ans et 3,58 % sur 25 ans, soit 5 à 8 points de base de plus qu’en août. Les meilleurs profils conservent un avantage, avec des niveaux de 3,03 % sur 15 ans, 3,20 % sur 20 ans et 3,30 % sur 25 ans.
Ce mouvement de fond s’explique d’abord par la dynamique des marchés obligataires, qui servent de référence à la tarification bancaire. Les tensions y persistent, tandis que l’inflation ne fléchit pas. La Banque centrale européenne a, de surcroît, relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre, et l’inflation de la zone euro est remontée à 3,2 % en août. Ce triptyque pèse directement sur le coût du financement au dernier trimestre.
Face à cet environnement, les banques ajustent progressivement leurs barèmes. Leur marge de manoeuvre reste toutefois encadrée par le taux d’usure, passé à 5,40 % le 1er octobre pour les prêts de 20 ans et plus, un seuil au-delà duquel un prêt ne peut plus être accordé.
Pour les semaines à venir, et jusqu’à la fin de l’année, les taux moyens devraient se situer entre 3,70 % et 4 %. La prochaine réunion de la BCE, le 29 octobre, permettra d’y voir plus clair sur la trajectoire des taux directeurs et, par ricochet, sur celle du coût du crédit.
Le tableau des taux fixes en octobre se présente ainsi : 3,14 % sur 10 ans, 3,30 % sur 15 ans, 3,51 % sur 20 ans et 3,58 % sur 25 ans, le taux de la BCE s’établissant à 2,65 %.
Pour les établissements prêteurs, l’enjeu est double : préserver leur rentabilité dans un contexte de refinancement plus coûteux, tout en restant compétitifs sur un marché où chaque point de base compte pour capter les emprunteurs. Pour ces derniers, la fenêtre des meilleurs profils demeure étroite, mais elle existe encore, comme le montrent les niveaux inférieurs à 3,10 % accessibles sur 15 ans.
La question qui se pose désormais est celle d’un retournement avant la fin de l’année : des taux de crédit immobilier plus favorables sont-ils encore envisageables ? La réponse dépendra en grande partie des décisions de la BCE et de l’évolution de l’inflation dans la zone euro, deux variables qui conditionnent le coût auquel les banques se refinancent et, in fine, celui qu’elles facturent aux ménages emprunteurs.
En attendant, la remontée observée entre août et octobre confirme un renchérissement progressif mais continu du financement immobilier, porté par des marchés obligataires sous tension et une politique monétaire toujours restrictive. Banques comme emprunteurs devront composer avec cette réalité au moins jusqu’à la fin du trimestre, dans l’attente d’un éventuel infléchissement de la politique monétaire européenne.